Dans le cadre du renforcement de la coopération sanitaire internationale et afin de présenter les efforts déployés par l’Algérie dans le secteur de la santé, une nouvelle initiative conduit le pays à prendre part, via l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS), aux travaux de la 158ᵉ session du Conseil exécutif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Celle-ci se tient du 2 au 7 février prochain à Genève, en Suisse. Cet engagement témoigne de la volonté de l’Algérie d’améliorer la qualité des soins et de renforcer la sécurité de son système de santé.
Par Ikram Haou
Le président de l’ANSS, le Pr Kamal Sanhadji, représente l’agence et l’Algérie lors de cette session organisée au siège de l’OMS à Genève. Les participants, dont l’Algérie, aborderont des sujets majeurs tels que le rapport du directeur général, les rapports des comités régionaux au Conseil exécutif, ainsi que ceux du comité du programme, du budget et de l’administration, et du Comité permanent de prévention, de préparation et de riposte aux urgences sanitaires. Cette participation fait suite à celle du Pr Sanhadji à la 78ᵉ Assemblée mondiale de l’OMS, tenue du 19 au 27 mai 2025 à Genève sur le thème « Un monde uni pour la santé ».
Quatre axes stratégiques majeurs structureront les débats de cette session du Conseil exécutif.
Le premier, intitulé « Garantir la santé », assurera le suivi de la déclaration politique de l’Assemblée générale sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT). Cette déclaration, adoptée le 15 décembre 2025, traite pour la première fois conjointement des MNT et de la santé mentale. Cet axe couvrira également d’autres sujets essentiels : le renforcement de la santé mentale, la lutte contre les maladies transmissibles (programmes de vaccination, maladies tropicales négligées, élimination de la tuberculose), la couverture sanitaire universelle (soins d’urgence, transplantation, maladies rares), les soins de santé primaires, ainsi que la gouvernance numérique et l’intelligence artificielle appliquées à la santé.
Le deuxième axe, « Protéger la santé », portera sur les initiatives actuelles ou prévues du secteur de la santé. Il inclura la réponse aux urgences sanitaires, le renforcement des bases de données pour les mesures de santé publique, l’initiative mondiale Santé pour la paix et la lutte contre la poliomyélite. Cet axe traitera également de la mise en œuvre de la résolution WHA75.11 (2022) concernant l’urgence sanitaire en Ukraine, ainsi que du suivi de la situation dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est. L’OMS y a relevé une situation sanitaire précaire pour les Palestiniens, caractérisée par un accès restreint aux soins, des infrastructures sous-financées et une dépendance complexe au système de santé israélien. Les hôpitaux de Jérusalem-Est, cœur du système de santé palestinien, font face à des barrières physiques qui affectent patients et personnel médical.
Le troisième axe, « Promouvoir la santé », abordera la réadaptation au sein des systèmes de santé, la promotion de la santé et du bien-être, ainsi que la santé des peuples autochtones. Il portera également sur la nutrition maternelle et infantile et sur le renforcement d’une économie de la santé visant à maximiser l’efficience et l’équité des soins.
Enfin, le quatrième axe, « Dynamiser et améliorer la performance », traitera du budget, des affaires financières, des questions d’administration et de gouvernance. Il définira également l’ordre du jour provisoire de la 79ᵉ Assemblée mondiale de la Santé, ainsi que la date et le lieu de la 159ᵉ session du Conseil exécutif.
L’analyse du programme de cette 158ᵉ session révèle que l’OMS cherche à identifier les moyens les plus appropriés pour assurer la protection de la santé et promeut, à travers les solutions qu’elle s’efforce d’atteindre, des stratégies efficaces et pérennes pour garantir la santé mondiale.
Rappelons que le Conseil exécutif de l’OMS assure la coordination et décide des politiques dans les domaines d’intérêt commun pour les États membres. Il comprend 34 membres désignés par les États et élus lors de l’Assemblée mondiale de la Santé pour un mandat de trois ans, issus des six régions de l’OMS : Afrique, Amériques, Asie du Sud-Est, Europe, Méditerranée orientale et Pacifique occidental. L’Algérie, membre actif depuis son indépendance en 1962 et reconnue pour ses compétences techniques dans le domaine de la santé, y joue un rôle stratégique. L’OMS travaille à assurer la cohérence des décisions mondiales avec les priorités des États membres, prépare l’ordre du jour et émet des recommandations techniques sur les programmes et politiques sanitaires à l’échelle mondiale.
Notons que l’Algérie est un acteur leader en Afrique et joue un rôle stratégique au sein de l’OMS. Elle a été citée par l’organisation comme un modèle à suivre aux niveaux africain et mondial dans l’industrie pharmaceutique, ayant réussi à couvrir plus de 80 % de ses besoins en médicaments par la production locale.
I.H
