Blida et les eaux de Sidi El Kébir

 

 

 

  Il est communément admis que Blida, qui se trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Alger a été fondée en 1535 par un saint très connu : Sidi El kébir. On ignore généralement d’où ce Saint est venu mais toujours est-il qu’on le soupçonne d’avoir vécu en Andalousie. Pourquoi ?

 

Par Nacer Nait-Salem

 

On raconte que ce Saint est arrivé dans cette région se trouvant au pied de l’Atlas en 1519 pour s’installer entre deux fleuves : Taberkachent et Châabat ar-Rommân (Ravin des grenadiers) qui ont pris aujourd’hui un autre nom : oued sidi El Kebir.  Ce Saint homme ne se mêla pas à la population. Il se construisit une cabane et vivait en solitaire se consacrant à al prière et à la dévotion tout en soignant son petit potager et son petit verger qui lui permettaient de vivre. On dit qu’il avait aussi une chèvre qui lui permettait d’assurer son lait quotidien. Comme les gens s’étaient aperçus qu’il était pieux affable et toujours très propre, ils décrétèrent que c’était un saint. Ils se mirent à le fréquenter et ils découvrirent en lui un homme d’une très grande science. Il connaissait toutes les herbes médicinales ainsi que leurs propriétés. Les gens le consultaient pour des maladies mais aussi pour qu’il leur enseigne la Vérité contenue dans les Saintes Ecritures.

Les femmes étaient nombreuses à lui avoir confié des enfants malades qu’il avait pu guérir en quelques heures en leur faisant boire des infusions qu’il préparait à l’intérieur de sa petite maison qui ne tarda pas à devenir une zaouia et un lieu de pèlerinage.

En 1533, raconte la légende, des hommes et des femmes arrivèrent en masse pour s’établir dans la région. C’étaient des Musulmans qui avaient fui l’Andalousie où il ne faisait plus bon vivre pour ceux qui n’étaient pas de souche européenne ou de religion chrétienne. On raconte que c’était Kheir-Eddine Barberousse en personne qui les avait ramenés d’Espagne et conduits dans cette région. Mais les habitants de la région, notamment la tribu des Ouled Soltane ne voyaient pas d’un bon œil ces nouveaux arrivants. Sidi El Kébir est intervenu pour ramener le calme et éviter qu’il y ait des effusions de sang. Les premières querelles qui avaient éclaté avaient un lien avec l’eau. On raconte alors que le saint homme était parti à la montagne, avait prié et demandé aux eaux de le suivre et de jaillir au milieu de l’endroit ou  vivaient les habitants. Celles-ci promirent de lui obéir et le suivirent. Sidi El Kébir, raconte la légende, est retourné à la bourgade où vivaient dans un voisinage problématique les Andalous et les Ouled Soltane. Et c’est sous leurs yeux qu’il fit jaillir l’eau de l’intérieur des rochers uniquement en frappant le sol avec son bâton.

L’eau étant désormais disponible, il n’y avait plus de raison pour se chamailler. Les autochtones et les nouveaux arrivants sympathisèrent et finirent par vivre en bonne intelligence. Par la suite, ces nouveaux arrivants, plantèrent des arbres fruitiers notamment l’oranger qui fit la renommée de la région. Mais le plus important c’est que les nouveaux arrivants, forts de ce qu’ils avaient vu à Cordoue, avaient installé le même système d’irrigation que celui de cette ville qu’ils avaient été contraints de fuir pour ne pas être tués.  Un système dont il ne subsistait que quelques traces en raison du puissant séisme qui avait frappé la région en 1825.

L’édification d’une mosquée et d’un bain maure furent les premières constructions de la ville.

Des constructions si belles et si grandes qu’elles donnèrent à la bourgade les allures d’une « petite ville ». Ce qui fit  dire à  Sidi El Kébir que leur village était devenue une « bouleida ». Ce nom est alors resté dans les mémoires. Une ville si belle qu’elle faisait penser à une « ourida » (petite rose), avait ajouté encore le saint homme. Et aujourd’hui encore, en parlant de Blida on dit qu’elle est « la ville des roses. »

Petit à petit, la ville prenait de l’extension.

En 1540,  Sidi El Kébir meurt à l’âge de 70  ans.

Les Turcs achevèrent de construire la ville de Sidi El Kébir qu’ils entourèrent de six grandes portes Bab Er-Rahba, Bab Ed-Zaïr, Bab El-Khouikha, Bab Es-Sebt, Bab Ez-Zaouia, Bab El-Qbour dont il reste quelques vestiges aujourd’hui.

Les Français occupent Blida en 1837. Et les premières constructions qu’ils y édifièrent furent des casernes militaires. L’histoire a retenu que l’armée française a utilisé Blida la petite rose comme lieu d’exil pour ses ennemis.( Voir l’article :  Blida ville…historique du…Bénin)

 

N.N-S

 

 

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