Avec plus de 460 000 artisans recensés à l’échelle nationale, le secteur de l’artisanat occupe une place centrale dans l’économie algérienne. Un symposium tenu à Alger a mis en lumière les efforts à déployer pour porter ce chiffre à 700 000 dans les prochaines années, tout en intégrant davantage les jeunes dans la dynamique entrepreneuriale.
Un secteur en pleine expansion
Abdelkrim Berki, directeur exécutif de la Chambre nationale de l’artisanat et des métiers (CNAM), a révélé que le nombre d’artisans en Algérie avait dépassé les 480 000 en mai 2025. Cette croissance témoigne du dynamisme du secteur, qui a généré plus d’un million et demi d’emplois et contribué à hauteur de plus de 400 milliards de dinars au produit intérieur brut (PIB) en 2024.
Cette annonce a été faite lors d’une conférence organisée par l’Association nationale des commerçants et artisans (ANCA), centrée sur le rôle stratégique des jeunes dans le développement de l’entrepreneuriat artisanal.
M.Berki a indiqué que les autorités visent à atteindre un total de 700 000 artisans dans un avenir proche. Une telle avancée permettrait de créer plus de deux millions d’emplois directs et indirects, consolidant davantage la place de l’artisanat dans l’économie nationale.
Pour réaliser cet objectif, plusieurs mesures ont été mises en œuvre :
Facilitation de l’accès aux matières premières,
Mise en place de formations spécialisées,
Incitations fiscales pour les petites entreprises artisanales,
Encouragement à la participation aux foires locales et internationales.
Au-delà de son rôle économique, l’artisanat est un vecteur essentiel de préservation du patrimoine culturel. À travers des métiers tels que la poterie, le tissage, la bijouterie ou la menuiserie traditionnelle, les artisans algériens perpétuent des savoir-faire ancestraux tout en les adaptant aux exigences contemporaines.
Dans cette optique, la CNAM travaille à l’élaboration d’une base de données nationale recensant les métiers artisanaux par zone géographique. L’objectif est de concevoir une cartographie précise permettant une répartition ciblée des aides financières et techniques.
El Hadj Tahar Boulenouar, président de l’ANCA, a profité de l’événement pour exhorter les jeunes à saisir les opportunités offertes par l’État afin de créer des entreprises durables. Il a insisté sur la nécessité d’un accompagnement structuré pour transformer leurs idées en projets viables.
Bachir Messaitfa, ancien ministre et président de la Fondation Sinaat Al-Ghad, a souligné l’importance des synergies entre artisans et entrepreneurs. Il a recommandé une organisation collective sous forme de coopératives ou de réseaux, permettant la mutualisation des ressources, la réduction des coûts et une compétitivité accrue face à l’émergence de produits concurrents.
Un accord a d’ailleurs été signé entre l’ANCA et la Fondation Sinaat Al-Ghad, visant à renforcer le partage de savoir-faire, l’échange d’expertises et la coordination locale. Ce partenariat marque une avancée concrète vers une structuration plus efficace du secteur artisanal et un soutien accru aux porteurs de projets.
C.S
