
Devenir propriétaire est un objectif partagé par de nombreuses familles en Europe et
partout dans le monde. Pourtant, dans plusieurs pays, ce rêve s’éloigne de plus en plus. Les
prix augmentent, les loyers suivent la même tendance et les disparités entre régions
s’accentuent.
Par Rihab Taleb
En Suisse, acheter une maison ou un appartement est devenu un luxe, souvent hors de
portée, les prix des maisons individuelles ont progressé de près de cinq pour cent en un an
et ceux des appartements en propriété par étage ont suivi la même évolution. Les taux
d’intérêt bas encouragent les ménages à acheter plutôt qu’à louer, ce qui entretient la
hausse. Les régions touristiques, notamment les stations alpines comme Zermatt ou Crans-
Montana, connaissent une flambée spectaculaire des prix. La rareté du terrain et l’attrait des
résidences secondaires renforcent cette montée. Seule la région lémanique a enregistré une
légère baisse, mais cela reste une exception dans un marché globalement tendu.
En Belgique, la situation paraît plus stable, mais les grandes villes comme Bruxelles ou
Anvers voient leurs prix augmenter régulièrement. Beaucoup de Belges sont propriétaires,
mais pour les jeunes ménages, l’accès à la propriété devient de plus en plus difficile. Les
loyers restent plus abordables qu’en Suisse, mais la qualité énergétique des logements pose
problème. Une grande partie du parc immobilier est vieillissant, et le gouvernement insiste
sur la rénovation et l’isolation. La Belgique se distingue donc par un enjeu majeur lié à la
transition énergétique, plus que par une flambée des prix.
En Italie, le marché immobilier est marqué par de fortes disparités régionales. Dans le nord,
Milan ou Turin connaissent une hausse importante des prix, alors que le sud reste plus
accessible. La tradition italienne veut que les familles possèdent leur logement, souvent
transmis de génération en génération. Mais le vieillissement de la population et la faible
mobilité résidentielle ralentissent le dynamisme du marché. Les zones touristiques côtières,
comme la Toscane ou la Sicile, attirent beaucoup d’acheteurs étrangers, ce qui accentue les
écarts entre régions. Ainsi, un appartement à Naples ou Palerme reste bien moins cher qu’à
Milan ou Florence, ce qui traduit la fragmentation du marché italien.
Aux Pays-Bas, le logement est devenu un problème social majeur. Amsterdam, Rotterdam et
Utrecht connaissent une hausse spectaculaire des prix, alimentée par une forte demande et
une offre limitée. Le pays dispose d’un parc social important et de règles pour limiter la
spéculation, mais cela ne suffit pas. Beaucoup de ménages se tournent vers la location, faute
de pouvoir acheter. Le gouvernement tente de construire plus de logements abordables,
mais la demande dépasse largement l’offre. La pression démographique et la rareté du
foncier expliquent cette situation, qui rend l’accès à la propriété particulièrement difficile.
L’évolution des prix en chiffres
En Suisse, le prix moyen d’une maison individuelle s’est établi autour de 1,2 million de
francs suisses (environ 1,25 million d’euros), avec une hausse annuelle de 4,9 %. Les
appartements en propriété par étage (PPE) ont suivi la même tendance, atteignant en
moyenne 950 000 francs suisses (près de 990 000 euros). Dans les régions alpines
touristiques comme Zermatt ou Crans-Montana, les prix dépassent souvent 1,5 million de
francs suisses (1,55 million d’euros), confirmant l’attrait des résidences secondaires et la
rareté du foncier.
En Belgique, le prix moyen d’une maison familiale est d’environ 320 000 euros, avec une
progression annuelle de 3 à 4 %. À Bruxelles, les appartements dépassent souvent 400 000
euros, ce qui rend l’accès difficile pour les jeunes ménages.
À Milan, le prix moyen d’un appartement atteint 500 000 euros, avec une hausse de plus de
6 % en 2025. À Rome, les prix se situent autour de 420 000 euros, tandis que dans le sud, à
Naples ou Palerme, on trouve encore des logements autour de 200 000 à 250 000 euros,
avec des hausses limitées à 2 %. Les zones touristiques côtières, notamment en Toscane,
dépassent souvent 600 000 euros pour une maison.
À Amsterdam, le prix moyen d’un appartement a franchi la barre des 550 000 euros, avec
une hausse supérieure à 7 % en 2025. À Utrecht, les prix avoisinent 480 000 euros,
confirmant la pression démographique et la rareté de l’offre.
La comparaison entre ces quatre pays montre que la Suisse incarne la difficulté croissante
d’accéder à la propriété dans un marché dominé par la rareté et l’attrait touristique, la
Belgique met en avant des enjeux énergétiques et urbains, L’Italie reste marquée par la
diversité territoriale et sa tradition de propriété familiale, Les Pays-Bas, enfin, souffrent
d’une offre insuffisante malgré une régulation stricte.
Les causes varient d’un pays à l’autre, mais le résultat est le même, pour de nombreux
ménages européens, devenir propriétaire est un rêve de plus en plus difficile à atteindre. La
question du logement s’impose désormais comme un défi majeur pour les gouvernements,
qui doivent trouver des solutions adaptées à leurs réalités nationales, qu’il s’agisse de
réguler les prix, de stimuler la construction ou de favoriser la rénovation énergétique.
R.T
