Le « pont Allenby », rebaptisé par les jordaniens en l’honneur du roi Hussein et pour les Palestiniens de Cisjordanie, il constitue la seule porte de sortie vers le reste du monde et le seul endroit d’où ils peuvent revenir chez eux. Depuis quelques jours, le terminal de passage de frontière entre la Cisjordanie et la Jordanie, contrôlé par l’entité sioniste, est complètement engorgé, au grand dam des Palestiniens. Face aux embouteillages monstres qui engorgent le « pont Allenby » et provoquent des retards, le secrétaire général de l’OLP, Hussein al-Sheikh, a accusé Israël de ces « conditions catastrophiques »: « Nous menons des contacts intensifs avec nos frères en Jordanie pour trouver des solutions à cette situation tragique vécue par les Palestiniens », a-t-il déclaré. Des milliers de Palestiniens sont en effet coincés, dans l’impossibilité de rentrer chez eux en raison de la surpopulation extrême aux frontières. Beaucoup, sur Twitter, décrivent les scènes d’horreur : des passagers qui attendent côté jordanien, parfois depuis trois jours, d’autres qui dorment aux abords du terminal pour y être à l’heure d’ouverture, des gens qui s’évanouissent, à cause de la chaleur sur place, qui atteint les 45 degrés et des enfants, victimes d’insolation, qui font des crises après avoir passé la journée à attendre. Les quelques photos publiées – alors qu’elles étaient interdites par la police sioniste selon des témoins sur place – attestent d’un chaos total. Même chose dans l’espace dit VIP, cet endroit où vous payez normalement 160 dollars la traversée afin qu’elle soit plus rapide, grâce à un mini bus de 5 ou 6 personnes au lieu d’un bus d’une cinquantaine de personnes. Les Palestiniens contacté parlent d’humiliation, s’estiment considérés « comme des animaux » et insistent sur le fait qu’ils n’ont jamais vu ça depuis des décennies. Il faut savoir que les 3 millions et demi de Palestiniens de Cisjordanie occupée n’ont pas d’accès à un aéroport. Pour rentrer de vacances, il leur faut arriver à l’aéroport d’Amman, en Jordanie, se diriger vers la frontière puis traverser via ce terminal. Selon des sources palestiniennes, environ 7.000 passagers traversent le pont chaque jour. Les Palestiniens accusent Israël de limiter la traversée à 4.000 personnes par jour en ce moment. Et surtout, on parle de près de 10.000 personnes qui veulent traverser en période de vacances. C’est le cas en ce moment, beaucoup rentrent chez eux après avoir passé la fête de l’Aïd à l’étranger. Le terminal n’est plus ouvert que 13h par jour, et seulement 5h les vendredi et samedi. Enfin, tous les Palestiniens qui vivent à l’étranger et qui n’ont pas pu rendre visite à leur famille pendant les vacances d’été au cours des trois dernières années en raison des restrictions liées au Covid-19, viennent s’ajouter à la pression. En visite dans la région, le président américain Joe Biden a dit avoir joué un rôle de médiateur pour que l’État hébreu ouvre le point de passage 24 heures sur 24. De son coté l’entité sioniste s’est dit d’accord mais a précisé qu’il fallait d’abord préparer la logistique et que cela ne serait pas mis en place avant la fin du mois de septembre. Le Premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, a également déclaré mardi 19 juillet qu’une coordination était en cours avec la Jordanie « pour forcer Israël à ouvrir le point de passage 24 heures sur 24 afin d’alléger les souffrances des voyageurs » – comme c’est le cas dans tous les points de passage et aéroports internationaux, afin de faciliter la circulation des personnes à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
T.A.A
