À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés célébrée samedi, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, organe relevant de l’Union africaine (UA), a lancé un appel en faveur d’un renforcement de la protection internationale accordée aux personnes déplacées. Elle a dénoncé le durcissement des politiques d’asile, les expulsions collectives ainsi que la recrudescence des discours xénophobes.
Par Karim-Akli Daoudi
La Rapporteuse spéciale sur les réfugiés, les demandeurs d’asile, les personnes déplacées à l’intérieur de leur pays et les migrants en Afrique, Selma Sassi-Safer, a rappelé que « la protection des réfugiés est une obligation juridique et non un acte de bienfaisance ». Elle a également insisté sur le respect des engagements découlant de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, de son Protocole de 1967, de la Convention de l’OUA de 1969 ainsi que de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.
Dans ce contexte, la Commission a mis en garde contre « les effets des politiques d’externalisation de l’asile et les restrictions de plus en plus importantes imposées à l’accès aux procédures de protection ». Selon elle, ces pratiques sont susceptibles d’éroder les principes de solidarité internationale et de partage des responsabilités qui constituent le fondement du système mondial de protection des réfugiés.
L’instance continentale a également exprimé sa vive inquiétude face à la persistance des détentions arbitraires, des expulsions collectives et des discours haineux dirigés contre les réfugiés et les demandeurs d’asile. Elle a appelé les États à s’abstenir de toute stigmatisation et à respecter pleinement le principe de non-refoulement, ainsi que le droit fondamental de solliciter l’asile.
Par ailleurs, la Commission a attiré l’attention sur les conséquences des conflits armés qui continuent de secouer plusieurs régions africaines, mais aussi sur les effets grandissants du changement climatique et des catastrophes naturelles, lesquels alimentent des déplacements forcés à grande échelle.
Tout en saluant les efforts consentis par les pays africains qui accueillent des millions de réfugiés malgré des moyens limités, elle a plaidé pour le renforcement des cadres juridiques nationaux, la consolidation des systèmes d’asile et la garantie d’un accès réel et effectif à la protection internationale.
Elle a également exhorté les États du continent à accélérer la mise en œuvre de l’Agence humanitaire africaine et de la Position africaine commune sur l’efficacité humanitaire, soulignant que « l’Afrique doit être capable d’apporter des réponses africaines aux défis humanitaires auxquels elle est confrontée ».
Instituée par les Nations unies, la Journée mondiale des réfugiés est célébrée chaque année le 20 juin. Elle vise à rendre hommage aux personnes contraintes de quitter leur pays à cause des conflits, des persécutions ou des violations des droits humains, tout en sensibilisant la communauté internationale à leur situation et à leurs besoins.
KAD
