Une explosion survenue dans une mine en Chine a fait au moins 82 morts vendredi. Les secours poursuivent encore les recherches pour retrouver deux disparus, alors que ce drame rappelle les dangers du travail minier dans plusieurs pays du monde.
Par Hamida Indja
Des équipes de secours poursuivaient dimanche les recherches pour retrouver deux personnes portées disparues après une explosion dans une mine de charbon située dans le nord de la Chine. Selon les médias d’État chinois, cette catastrophe a fait au moins 82 morts et 128 blessés.
Cet accident est considéré comme la pire catastrophe minière qu’ait connue la Chine depuis 17 ans. Les autorités ont confirmé que l’entreprise chargée de l’exploitation de la mine avait commis de « graves infractions » après l’accumulation de gaz toxiques dans les sous-sols.
L’agence de presse officielle Chine nouvelle a précisé qu’une importante opération de secours était toujours en cours afin de retrouver les deux mineurs disparus. Au total, 247 ouvriers se trouvaient sous terre dans la mine de charbon de Liushenyu lorsque l’explosion s’est produite vendredi soir.
Selon Chen Xiangyang, maire de la ville de Changzhi, dans la province du Shanxi, le drame a causé la mort de 82 personnes. Deux mineurs restent toujours portés disparus alors que les recherches se poursuivent sans interruption. Il a également indiqué que 128 autres personnes avaient été blessées et hospitalisées, rapporte la chaîne CCTV.
Les autorités chinoises ont mobilisé plus de 700 membres des services de secours et de santé afin de participer aux opérations de sauvetage. Des ambulances, des médecins et des secouristes spécialisés ont été déployés sur le site pour prendre en charge les blessés et retrouver les disparus dans des conditions particulièrement difficiles.
Les autorités chinoises ont annoncé samedi que les premiers résultats de l’enquête sur cet accident mortel avaient révélé de graves violations des règles de sécurité commises par la société minière. Lors d’une conférence de presse, des responsables ont expliqué que des gaz toxiques et inflammables s’étaient accumulés sous le puits de la mine, dépassant largement les seuils de sécurité et augmentant ainsi le risque d’une catastrophe secondaire.
Les coups de grisou figurent parmi les accidents miniers les plus dangereux au monde. Plusieurs catastrophes similaires ont été enregistrées dans différents pays au cours des vingt dernières années.
En Turquie, l’explosion de la mine de Soma, en 2014, avait provoqué la mort de plus de 300 mineurs. Cet accident demeure la pire catastrophe minière de l’histoire du pays. Les autorités et les responsables de la mine avaient été fortement critiqués pour le manque de sécurité et les mauvaises conditions de travail.
En Russie, une explosion dans une mine située en Sibérie, en 2021, avait causé plus de 50 morts après une importante fuite de gaz. Les opérations de secours avaient été particulièrement difficiles à cause de la fumée et du manque d’oxygène dans les galeries souterraines.
L’Ukraine a également connu plusieurs accidents meurtriers dans les mines de charbon de la région du Donbass. Certaines explosions ont causé la mort de dizaines de travailleurs et mis en évidence les risques permanents liés à ce secteur.
En Iran aussi, une explosion dans une mine de charbon, en 2017, avait tué plusieurs dizaines de personnes et blessé de nombreux ouvriers. Ce drame avait provoqué une vive émotion dans le pays et relancé les débats sur les conditions de sécurité dans les mines.
Ces différentes catastrophes montrent que le travail dans les mines demeure extrêmement dangereux malgré les progrès technologiques. Plusieurs organisations de défense des travailleurs réclament aujourd’hui un renforcement des contrôles de sécurité afin de mieux protéger les mineurs et d’éviter de nouveaux drames humains.
H.I