Reçu hier à l’émission « L’invité du jour » diffusée par la chaîne III de la radio nationale à l’occasion de la tenue du forum africain de l’investissement et du commerce à Alger, M. Souheil Guessoum, président de la Confédération algérienne du patronat citoyen, a souligné que la scène économique algérienne connaît une vraie dynamique notamment au niveau continental.
Par Malika Azeb
De nombreux entrepreneurs algériens souhaitent investir. Cependant, ce domaine doit bénéficier d’un environnement adéquat, à travers la levée de certaines contraintes, et des solutions doivent être trouvées à des problèmes entravant le processus des investissements.
Le président de la CAPC a assuré que l’Algérie est actuellement capable d’attirer les investisseurs étrangers et de booster les investissements nationaux, car beaucoup d’entrepreneurs algériens ambitionnent d’investir localement ou au niveau continental.
Il a indiqué que le pays dispose de moyens considérables en matière de compétences et d’infrastructures routières comme la transsaharienne, en mesure de développer les investissements intra-africains, notamment avec son engagement dans la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF), afin de faciliter les échanges commerciaux avec un démantèlement tarifaire progressif sur plusieurs produits.
M. Guessoum a également affirmé que le taux des échanges commerciaux de l’Algérie avec les pays africains représente 6 à 8 %.
Il a insisté sur l’interconnexion des infrastructures routières et douanières comme les zones franches, avec les ports ainsi que la digitalisation de ces dernières, pour faciliter le transport des marchandises vers les pays africains, ce qui boosterait les échanges de l’Algérie vers l’Afrique et ferait d’elle un hub africain.
En ce qui concerne la numérisation, ce responsable a assuré que l’Algérie, malgré une avancée majeure dans ce domaine, a toutefois encore beaucoup à faire, notamment l’interconnexion et l’interopérabilité entre les différentes institutions et services.
Il a souligné que l’Algérie a un vrai potentiel en ressources naturelles et en industrie pouvant renforcer ses exportations hors hydrocarbures, comme la production de ciment qui enregistre un excédent de 20 millions de tonnes que le pays peut exporter vers les marchés africains, à condition que les moyens multimodaux suivent.
À la question sur la présence des opérateurs économiques algériens sur les marchés africains, M. Souheil Guessoum a insisté sur l’encouragement des entrepreneurs en leur facilitant les procédures pour investir et en les encourageant à exporter à travers le renforcement de leur compétitivité par rapport aux autres investisseurs étrangers et africains très présents sur les marchés africains.
L’intérêt croissant pour l’investissement se traduit par le volume des investissements, ou encore les déclarations d’investissement au niveau de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI) sont quand même considérables, a déclaré M. Guessoum.
Cependant, pour faire de ces investissements une réalité, ce domaine doit être libéré de toutes contraintes bureaucratiques, à commencer par l’octroi du foncier. « Même s’il y a une plateforme d’octroi du foncier, nous continuons à avoir quelques problèmes de transfert du foncier des wilayas vers la plateforme », a-t-il regretté.
Il a estimé que l’AAPI doit assurer la gestion du foncier et que l’octroi de ce dernier soit géré par une plateforme complètement automatisée, c’est-à-dire que la décision se ferait par un agent IA (l’intelligence artificielle), afin de garantir une transparence totale et une opération très rapide, un délai de réponse instantanée pour l’octroi du terrain.
Il a également préconisé la poursuite de la digitalisation, qui selon lui connaît un retard dans ce domaine, ainsi que la levée de toutes contraintes administratives.
« Nous ne comprenons pas qu’aujourd’hui, nous devions encore nous déplacer chez un notaire, puis nous déplacer au niveau du registre de commerce, puis nous déplacer pour payer des frais au niveau de la banque, puis au niveau des impôts », a déploré ce responsable.
M. Guessoum a également appelé à lever les contraintes sur l’accès aux devises pour les opérateurs économiques, notamment industriels. Dans ce cas, il a fait appel aux banques nationales afin d’éviter le recours au marché noir.
« Aujourd’hui, il est inconcevable qu’un industriel, qui est dans l’obligation de se déplacer, ait recours à des devises sur le marché parallèle ou n’ait pas accès à des devises rapidement pour acquérir une pièce détachée pour son usine d’une manière extrêmement rapide », a-t-il préconisé.
Il a ajouté : « Tout cela doit être vraiment simplifié pour que nous puissions aller très vite dans l’industrialisation poussée de notre pays. Et si nous nous industrialisons encore plus, nous exporterons plus et nous sortirons de cette dépendance aux hydrocarbures. »
Concernant la relation économique de l’Algérie avec la Turquie, M. Guessoum a indiqué que les échanges commerciaux entre les deux pays sont très considérables lorsqu’on sait qu’aujourd’hui le pays exporte environ 3,4 milliards de dollars sur un total d’échanges estimé à 6 ou 6,5 millions de dollars, notamment dans le secteur de l’énergie.
Il a indiqué que l’Algérie est favorisée en termes d’exportation car les exportations vers la Turquie dépassent les importations en provenance du même pays.
Cependant, il faudrait consolider la présence de l’Algérie sur le marché turc et mettre en place une relation préférentielle entre les deux pays reposant sur l’accès facile au marché des deux pays pour l’un et pour l’autre.
Il a assuré que la relation économique avec la Turquie a beaucoup évolué car elle repose désormais sur un partenariat et pas uniquement sur de simples échanges commerciaux.
M.A
