Attaque sanglante de la police marocaine contre des migrants/ Plusieurs organisations condamnent la brutalité des actes et l’usage disproportionné de la force

Plus de 40 organisations internationales ont signé une déclaration commune, dans laquelle elles ont condamné l’attaque sanglante de la police marocaine et son usage disproportionné de la force, vendredi dernier contre des migrants subsahariens qu’elle a empêchés d’entrer dans l’enclave espagnole de Melilla, tuant au moins 23 d’entre eux.

Par Tinhinane Ait Afrah

Quarante-cinq organisations internationales signataires de la déclaration publiée sur la page Facebook de l’Association marocaine des droits de l’homme (antenne de Nador), ont condamné l’absence de prise en charge rapide des migrants blessés, ce qui a conduit à un bilan élevé, exigeant des soins de santé “appropriés et de qualité”. Les organisations, qui ont qualifié de “tragédie” l’attaque sanglante de la police marocaine contre les migrants subsahariens, a affirmé que la mort de ces jeunes africains aux frontières de l’Europe “alerte sur le caractère meurtrier de la coopération sécuritaire dans le domaine migratoire entre le Maroc et l’Espagne”. Elles ont rappelé que la politique de violence menée par le Makhzen contre les immigrés n’est pas nouvelle, citant ceux présents dans de nombreuses villes marocaines, dont Nador et sa banlieue, où “ils sont privés, depuis plus d’un an et demi, de médicaments et traitement, et même leurs camps sont exposés à des incendies”. Leurs affaires ont été confisquées, de même que leurs maigres denrées et le peu d’eau potable à leur disposition, selon la même source. “Les migrants présents à Nador ont toujours fait l’objet de violences systématiques de la part des forces régulières espagnoles et marocaines. Ce sont des pratiques condamnées par les instances nationales et régionales et par les Nations unies”, ont-elles ajouté. Les organisations internationales ont appelé dans leur communiqué à “ouvrir immédiatement une enquête judiciaire indépendante du côté marocain, ainsi que du côté espagnol, et au niveau international pour révéler toute la vérité sur ce drame humain”, et exhorté les représentations diplomatiques des pays africains présentes au Maroc à “assumer pleinement leurs responsabilités dans la protection de leurs concitoyens, au lieu d’être complices des politiques actuelles”. Les signataires ont également souligné la nécessité pour les mouvements de défense des droits humains et de défense des droits des immigrés de “se mobiliser en ce moment critique, où le droit à la vie est plus que jamais menacé”. Parmi les organisations signataires de la déclaration conjointe, figurent l’Association d’aide aux migrants en situation de vulnérabilité au Maroc, Cominando Franteras (Espagne) et l’Association mauritanienne des droits de l’Homme.

L’ONU déplore vivement le drame

Le porte-parole du SG de l’ONU, Stéphane Dujarric, a, d’autre part,  “vivement déploré” le drame migratoire survenu vendredi au poste-frontière de Melilla, le qualifiant de “tragique”. “Nous déplorons vivement cet incident tragique et les pertes en vies humaines, et je pense qu’il ne s’agit que d’un autre rappel de la raison pour laquelle nous avons besoin de routes migratoires mondiales bien gérées impliquant les pays d’origine, de destination et de transit”, a indiqué M. Dujarric, lundi, en conférence de presse. Il a rappelé que “le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) ont déjà exprimé leur indignation” à ce sujet.

 « S’ils avaient été blonds et européens, il y aurait eu des réunions d’urgence au plus haut niveau », jugent des ministres et personnalités politiques espagnoles

De son coté, la deuxième vice-présidente du Gouvernement espagnol et ministre du Travail et de l’Economie sociale, Yolanda Diaz, a exigé des “clarifications” suite au drame survenu vendredi au poste frontière de Melilla lorsque 23 migrants d’origine africaine sont morts, après avoir été empêchés, par la force, par la police marocaine d’entrer dans l’enclave espagnole. “Très choquée par les images de la frontière de Melilla. Mes condoléances aux proches de toutes les personnes qui ont injustement perdu la vie”, a écrit Yolanda Diaz dans un tweet, soulignant qu’il faudrait “clarifier ce qui s’est passé”. “Je parierai toujours sur une politique d’immigration respectueuse des droits de l’Homme. Personne ne devrait mourir de cette façon”, a-t-elle ajouté. Pour sa part, le secrétaire au Programme du Conseil de coordination du parti espagnol Podemos, Pablo Echenique Robba, s’est indigné de la façon dont ont été traités les migrants africains suite à l’usage disproportionné de la force par la police marocaine. “S’ils avaient été blonds et Européens, il y aurait eu des réunions d’urgence au plus haut niveau, des émissions spéciales télévisées sur leurs histoires et celles de leurs familles, et une rupture complète des relations avec le pays dont l’action policière a provoqué ce drame. Mais ils ne sont ni blonds ni Européens”, a-t-il déploré dans un message posté sur son compte Twitter. Plusieurs voix comme le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat et la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson ont exprimé leur indignation face au drame survenu vendredi au poste frontière de Melilla. Selon un dernier bilan actualisé donné samedi soir par les autorités de Nador (la ville la plus proche de Melilla, située dans le nord du Maroc), au moins 23 migrants sub-sahariens ont péri après l’intervention brutale de la police marocaine qui tentait d’empêcher près de 2.000 d’entre eux d’entrer dans l’enclave espagnole. De nombreuses vidéos et images ont circulé sur les réseaux sociaux montrant des dizaines de migrants au sol, quasiment inertes. Certaines montraient également les forces de sécurité marocaines en train de tabasser des migrants et d’autres, des affrontements violents entre les deux parties. Des scènes choquantes qui ont provoqué émoi et consternation à travers le monde et soulevé l’indignation au Maroc, en Espagne et ailleurs. En outre, moult appels ont été lancés pour réclamer une enquête indépendante sur cette tragédie.

T.A.A

 

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post

Coopération algéro-russe/ Le Général de Corps d'Armée Saïd Chanegriha reçoit le directeur général de la société russe Rosoboronexport

mer Juin 29 , 2022
Le Général de Corps d’Armée, Saïd Chanegriha, Chef d’Etat-Major de l’Armée nationale populaire (ANP) a reçu, mardi à Alger, le directeur général de la société russe Rosoboronexport, Alexandre Mikhaeev, indique le ministère de la Défense nationale dans un communiqué. “Monsieur le Général de Corps d’Armée, Saïd Chanegriha, Chef d’Etat-Major de […]

ENTRE NOUS

Quotidien national d’information

Edité par EURL Rocher du Faucon

Directeur de Publication: Nasser MOUZAOUI

Adresse: Maison de la presse, 1, rue Bachir Attar, Place du 1er Mai, Alger-Algérie.

E.MAIL: entrenousdz2020@gmail.com