Le continent africain confirme une nouvelle fois son importance en tant qu’acteur stratégique dans la production et la consommation de légumineuses. Selon le rapport Perspectives agricoles 2024-2025, publié conjointement par l’OCDE et la FAO le 15 juillet dernier, l’Afrique devrait jouer un rôle moteur sur ce marché au cours de la prochaine décennie.
Par Rihab Taleb
D’ici 2034, la consommation annuelle de légumineuses sur le continent devrait dépasser les 12 kg par habitant, contre environ 11 kg actuellement. Ce niveau reste nettement supérieur à la moyenne mondiale, estimée à 8,6 kg par personne. Cette croissance est portée par une demande soutenue, elle-même liée à la forte dynamique démographique et aux besoins nutritionnels croissants dans la région.
Pois chiches, niébés, haricots secs, lentilles et pois bambara sont déjà profondément intégrés aux habitudes alimentaires africaines. Consommées entières, décortiquées ou transformées en farine, ces cultures constituent une source de protéines abordable pour les populations à faibles revenus, notamment en Afrique centrale, orientale et occidentale.
Au-delà de la consommation, l’Afrique devrait également renforcer sa position dans l’offre mondiale. Le rapport prévoit une hausse annuelle de la production d’environ 900 000 tonnes d’ici 2034, grâce à l’amélioration des rendements et à l’extension des surfaces cultivées. Cette dynamique permettra au continent de consolider sa place de deuxième producteur mondial avec 20 % du total, derrière l’Asie (42 %). Depuis le début des années 2000, la production africaine de légumineuses a presque triplé, passant de 8,7 millions de tonnes à 23,7 millions en 2023, selon la FAO. Cette progression est largement attribuée aux petites exploitations agricoles, qui ont su améliorer leurs pratiques.
La culture de ces espèces offre par ailleurs des avantages environnementaux considérables. Peu exigeantes en engrais, elles enrichissent naturellement les sols grâce à la fixation biologique de l’azote et à l’apport de matière organique. Elles contribuent aussi à l’amélioration des rendements céréaliers lorsqu’elles sont cultivées en alternance ou en association.
Les principales zones de production se situent en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est. Parmi les pays les plus actifs figurent le Nigéria, avec 4,3 millions de tonnes produites en 2023, suivi de l’Éthiopie (3,2 millions de tonnes). Viennent ensuite le Niger (2,78 millions), la Tanzanie (près de 2 millions) et le Kenya (1,3 million). Ces chiffres, communiqués par la FAO, illustrent le dynamisme de ces nations dans la culture des légumineuses et leur rôle essentiel dans l’approvisionnement mondial.
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