À l’occasion du Mois du Patrimoine, une exposition a transporté ses visiteurs dans un voyage visuel à travers les villes algériennes et certains anciens pays arabes, grâce aux couleurs éclatantes des œuvres de l’artiste Abbou Abderrahmane. Intitulée Patrimoine et Couleurs, cette première exposition de l’artiste s’est tenue à la galerie Aïcha Haddad à Alger, sous le parrainage de la Fondation des Arts et de la Culture de la wilaya d’Alger. L’événement a rencontré un franc succès.
Par Ikram Haou
Sous le slogan Patrimoine et Couleurs, Abbou Abderrahmane a présenté de nombreuses toiles représentant le patrimoine algérien sous différents angles, régions et ambiances colorées. Des scènes du nord algérien avec vue sur la mer aux paysages dorés du sud, ses tableaux racontent la diversité du pays avec une sensibilité artistique marquée.
Approché lors de l’exposition, l’artiste a partagé son parcours. Issu d’une famille d’artistes — ses tantes, ses oncles et même sa mère, décoratrice en tapisserie — Abbou n’a jamais suivi de formation académique en art. Il a appris à dessiner dès l’âge de dix ans, sur le terrain, comme il le dit lui-même : « J’ai appris dehors. » Son apprentissage a débuté par l’observation, avant de se prolonger dans l’expérimentation, avec une volonté farouche d’apprendre seul, guidé par sa passion pour le dessin.
Son rêve d’organiser une exposition a longtemps semblé inaccessible en raison de son absence de formation artistique officielle. C’est finalement à la suite de sa retraite de sa fonction à l’ambassade qu’il a saisi cette opportunité spontanée. Ce projet marque ainsi pour lui un nouveau départ.
Abbou Abderrahmane privilégie la peinture à l’huile, qu’il pratique généralement sur toile en coton ou en carton, ce dernier étant son support de prédilection. Il confie se sentir à l’aise avec cette technique, qui lui permet de reproduire des scènes tout en y ajoutant sa touche personnelle, faite de couleurs vives et chaleureuses. Selon lui, deux éléments dominent son travail : l’éclairage et l’ombre, toujours dans un souci de réalisme lumineux.
Parmi ses œuvres, on retrouve des représentations de la Place des Martyrs, de Tlemcen, du désert, du Palais du Bey, et bien d’autres lieux emblématiques. Les prix de ses toiles varient entre 6 000 et 20 000 dinars, des tarifs abordables comparés à ceux pratiqués ailleurs.

L’artiste se définit comme un amoureux de la vie en couleurs. Il explique que le soleil l’inspire et lui procure de l’énergie, contrairement au temps nuageux. Le dessin est pour lui une forme de thérapie, un réconfort psychologique qui lui permet d’oublier les pressions du quotidien. « Le monde est plein de belles choses malgré les mauvaises. Il faut toujours voir le verre à moitié plein », dit-il avec optimisme.
Il ajoute : « J’ai profité du Mois du Patrimoine pour faire revivre notre culture à travers mes dessins. Je quitterai cette vie un jour, mais je veux laisser une empreinte dans le domaine que j’aime, pour que les générations futures puissent en profiter. »
Les visiteurs ont exprimé leur admiration et ont encouragé l’artiste à poursuivre ses efforts, notamment à travers d’autres expositions à Alger ou ailleurs. Son cousin, Abbou Abdelaziz, a exprimé la fierté de la famille face au talent d’Abderrahmane. Il a souligné que cette réussite est le fruit non seulement d’un encouragement familial, mais aussi d’un échange critique constructif, essentiel au développement de son art.
En conclusion, Abbou Abderrahmane a tenu à remercier toutes les personnes qui l’ont soutenu dans la réalisation de cette exposition, en particulier sa petite et sa grande famille. Il a également adressé un mot de gratitude aux visiteurs pour leurs encouragements et leurs commentaires laissés dans son livre d’or. « Ce n’est que le début », a-t-il affirmé, ajoutant qu’il compte bien continuer à créer, non pour l’argent, mais pour honorer son nom d’artiste. « Je sens que j’ai une grande énergie artistique que je dois libérer », a-t-il confié avec émotion.
L’exposition est visible jusqu’au 29 avril 2025.
I.H
