Notre économie se porte bien / La Banque mondiale prédit une hausse sensible du PIB

 

 

 

La Banque mondiale (BM) vient de rendre public son rapport sur le suivi de la situation économique en Algérie. La croissance économique est de retour, entrainant une hausse sensible du PIB ainsi que la création de nombreux postes de travail.

 

Par Abdellali Kendoussi

 

 

La relance de l’investissement a été possible, notamment depuis la promulgation de la loi n°22-18 accordant de nombreux avantages et garanties aux porteurs de projets. Les investisseurs étrangers sont actuellement très intéressés par le marché algérien, puisque plusieurs projets de partenariat sont signés ces derniers mois. La conjoncture pétrolière internationale favorable induit des cours de pétrole brut satisfaisants ainsi que l’augmentation des volumes de gaz naturel exportés. L’ensemble de ces paramètres inscrit l’économie nationale, selon la Banque mondiale, sur une trajectoire de croissance économique vigoureuse sur les trois prochaines années. La persistance de l’inflation risque, cependant, d’en atténuer les effets sur le moyen terme. En réaction à ce rapport, l’expert international Dr Abderrahmane Mebtoul pense qu’après une année 2020 marquée par une croissance négative de moins 5,1%, en raison de la pandémie de la Covid-19, l’Algérie a amélioré ses indicateurs financiers avec une évolution positive de ses réserves de change qui s’élèveront, selon le gouvernement, fin 2023, à 73 milliards de dollars et 82/83 milliards de dollars y compris les réserves d’or, 173 tonnes) et les DTS déposés au FMI», a-t-il analysé. Et de poursuivre que selon le même rapport de la BM, «les réserves de change ont atteint 68,8 milliards de dollars US, soit 17,2 mois d’importations, en juin 2023, contre 61,7 G$ US à la fin 2022, soit 15,9 mois d’importations de biens et de services», a-t-il argué. Cependant, a-t-il enchaîné, «le compte courant devrait passer d’un excédent record de 9,8% du PIB en 2022 à 2,8% en 2023, avant d’atteindre 1,4 % en 2024 et 0,5% du PIB en 2025». Voulant être plus précis, l’expert a ajouté que selon le rapport, comme le dinar a suivi une trajectoire similaire par rapport aux monnaies utilisées avec ses principaux partenaires commerciaux (dollar américain, euro, yuan), les taux de change effectifs nominaux et réels (pondérés en fonction des échanges) se sont également renforcés au second semestre 2022, avant de se stabiliser au second semestre 2023. Sous l’effet de la baisse des recettes d’hydrocarbures par rapport à 2022 et de l’augmentation des dépenses, le déficit budgétaire devrait se creuser en 2023 et 2024, où nous avons assisté à une augmentation de 2,9% du PIB en 2022 à 6,8% en 2023 et 8,9% en 2024. Et le ratio de la dette publique au PIB augmenterait de 5 points de pourcentage du PIB entre 2023 et 2025, pour atteindre 60,2% du PIB en 2025», a-t-il estimé. Pour la BM, l’économie algérienne «dépend fortement d’un retour à la normale de la pluviométrie après trois années de sécheresse et de l’évolution des recettes des hydrocarbures et de la dynamisation du secteur privé, où la croissance du crédit au secteur privé est restée modérée, tandis que la croissance du crédit aux entreprises publiques s’est légèrement accélérée», a-t-il informé. La croissance du PIB réel s’est établie à 3,4% en 2021, à 3,2% et étant prévu de 2,5% en 2023, presque l’équivalent de la croissance démographique ayant donc un impact sur le taux de chômage plus de 14% en 2023. Pour 2024, il est prévu un «taux de croissance du PIB de 2,5% pour 2024, dont le montant est estimé à 234 milliards de dollars en 2024, contre 216,4 milliards en 2023 ( le gouvernement l’ayant estimé à 233 milliards de dollars en 2023, donc une différence de 17 milliards de dollars) et une prévision de 245 milliards de dollars en 2025». Pour la BM, a-t-il souligné, l’inflation est restée à un niveau «élevé, ayant atteint 9,7% sur les huit premiers mois de 2023, celle des produits alimentaires 14,0%, mais devrait progressivement reculer en 2024 et 2025, sous réserve de la mise en œuvre de politiques monétaires et budgétaires prudentes et que les précipitations se rétablissent, favorisant une production agricole robuste», a-t-il précisé. En conclusion, notre interlocuteur estime que, selon ce rapport, «l’Algérie a le potentiel de diversifier son économie». Rappelons, par ailleurs, que déjà dans son rapport de 2022, l’institution monétaire internationale avait mentionné que la reprise de l’économie en Algérie se poursuivait déjà dès le premier semestre, soutenue par l’activité hors-hydrocarbures et la production pétrolière. La croissance du PIB hors-hydrocarbures s’est accélérée au premier trimestre 2022, portée par une reprise continue du secteur des services et par un redressement partiel de l’activité agricole, tandis que les données proxy de l’activité économique telles que l’éclairage nocturne et les offres d’emplois suggèrent une poursuite de la reprise au 2e trimestre. La reprise au premier semestre 2022 a également été soutenue par le retour de la production pétrolière à son niveau prépandémie, contrastant avec une baisse modérée de la production gazière. L’inflation est cependant demeurée élevée, entraînée par sa composante alimentaire, avait noté la Banque mondiale soulignant que les autorités avaient donc continué de mettre en œuvre des mesures de protection du pouvoir d’achat, principalement à travers une hausse des salaires dans le secteur public, une mise en œuvre d’un transfert pour les primo-demandeurs d’emploi et un renforcement des mécanismes de subvention aux produits alimentaires de base.

Le maintien à un niveau élevé des prix mondiaux des hydrocarbures a prolongé l’embellie des équilibres extérieurs. En juin 2022, le prix moyen à l’exportation des hydrocarbures algériens avait augmenté de 70% en glissement annuel et les recettes d’exportations de biens atteignaient ainsi un montant d’USD 28,4 milliards au premier semestre-2022, également tirées par une hausse notable des exportations hors-hydrocarbures. Par ailleurs, la reprise des importations a été ralentie par le rebond modéré de la demande nationale et par les mesures de réduction des importations, contrebalançant la hausse des prix. Ces dynamiques ont ainsi généré des surplus du compte courant au premier semestre 2022, inversant la tendance baissière des réserves de change. Le dinar a également commencé à s’apprécier vis-à-vis du dollar à l’été 2022, et l’appréciation plus rapide vis-à-vis de l’Euro a amélioré les termes de l’échange. La reprise économique devrait se poursuivre en 2023, soutenue par le secteur hors-hydrocarbures et par la croissance des dépenses publiques. La croissance du PIB du secteur des hydrocarbures (+0,5%), de même que l’effet de la reprise graduelle continue dans le secteur des services et de l’agriculture sur la croissance du PIB hors-hydrocarbures (+3,1%), devraient soutenir la croissance (+2,3%). La reprise de l’investissement, tirée par le secteur public et par celui des hydrocarbures, devrait être plus marquée que celle de la consommation privée. Les recettes d’exportation devraient se maintenir à un niveau élevé, générant un surplus du compte courant, a souligné l’institution dans son rapport.

 

A.K

 

 

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