La grande salle des conférences de la Société algérienne des foires et exportations (Safex) a accueilli, mardi, une conférence sur l’industrie du livre et l’économie. Cet événement, organisé par le Syndicat national des éditeurs de livres (SNEL), portait sur l’industrie du livre, l’économie culturelle, la dynamique entrepreneuriale et les besoins culturels de la diaspora algérienne. La conférence a été animée par des universitaires et des éditeurs, qui ont dressé un état des lieux de ce secteur en Algérie.
Par Malika Azeb
Présidée par Ahmed Madi, président du SNEL, cette rencontre s’est déroulée en marge du Salon international du livre d’Alger, qui a lieu du 6 au 16 novembre 2024 et célèbre cette année le 70e anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er novembre 1954.
Les intervenants, dont Abdelkader Berriche, docteur en économie et député à l’Assemblée populaire nationale (APN), Omar Haroun, professeur-chercheur et expert en économie à l’université de Médéa, Boualem Ramdani, écrivain-journaliste, et Yasser Abou Yahia Méziane, président de la commission de l’édition et de diffusion au Centre national du livre, ont mis l’accent sur l’analyse des différentes étapes de la chaîne de fabrication du livre.
Dans son intervention intitulée « La réalité économique de l’industrie du livre en Algérie », M. Berriche a souligné la nécessité de définir un cadre juridique et éthique pour garantir la sécurité intellectuelle en Algérie. Il a également évoqué l’importance des facteurs dominants dans l’industrie du livre, soumise aux règles du marché, et a insisté sur son évolution dans un cadre légal et structuré.
De son côté, M. Haroun a mis en lumière les défis auxquels font face les imprimeries traditionnelles face à la montée du livre électronique, une tendance qui menace l’existence du livre imprimé. Il a également abordé le thème des adaptations cinématographiques des œuvres littéraires, qui représentent une forme d’économie culturelle générant des revenus significatifs pour le pays et établissant une relation gagnant-gagnant entre l’auteur et le producteur.
Pour sa part, M. Yasser Abou Yahia Méziane s’est exprimé sur la diminution des librairies physiques, conséquence de la croissance des librairies en ligne. Il a annoncé la création d’un statut d’agent littéraire pour soutenir les auteurs et a rappelé les efforts fournis par l’État pour améliorer la situation économique de l’industrie du livre, notamment après la pandémie de COVID-19. Il a également évoqué la question de l’auto-entrepreneuriat, qui permet aux auteurs de s’autoéditer.
Boualem Ramdani, écrivain et journaliste, a partagé son expérience d’auteur à l’étranger et a rappelé que l’écriture est un acte libre que les pouvoirs publics doivent encourager pour favoriser la liberté d’expression.
Les débats ont également porté sur l’impact de la mondialisation sur le marché du livre, le coût élevé de l’importation du papier et la nécessité de moderniser le secteur de l’industrie du livre pour que l’Algérie puisse rivaliser avec les pays où l’édition est un véritable projet économique.
M.A
