À l’occasion du 17ᵉ Forum national des architectes, organisé samedi dernier à Ouled Djellal, les professionnels présents ont souligné la nécessité d’harmoniser le patrimoine bâti avec les spécificités régionales lors de la conception des projets architecturaux.
Par Ikram Haou
Cet événement, initié par l’Association nationale des ingénieurs de l’Institut national de formation en bâtiment, s’est tenu dans la salle de conférences de l’Institut national de la formation professionnelle Smati-Bouzid, dans la nouvelle wilaya d’Ouled Djellal. Il a rassemblé des architectes et des bureaux d’études venus de différentes régions du pays, en présence du chef de l’exécutif local, Abderrahmane Dehimi, ainsi que de plusieurs cadres administratifs.
Une approche prospective pour un développement urbain durable
L’architecte Farouk Tebbal a ouvert les débats avec une intervention intitulée « Stratégie de développement des villes ». Il a insisté sur l’importance d’études préalables rigoureuses avant toute élaboration de plans techniques. « Les architectes en charge des projets de construction doivent impérativement réaliser des analyses approfondies, incluant une vision prospective sur 20 ans », a-t-il déclaré. Cette démarche concerne également les associations œuvrant dans le domaine architectural et la préservation du patrimoine.
L’étude géotechnique : une étape incontournable
M. Fia Seddouk, expert en études géotechniques, a présenté une communication sur « L’expertise dans la stabilisation et le renforcement des projets de logements publics locatifs », prenant l’exemple de la nouvelle ville de Kriba Nabhani à Ouled Djellal. Il a expliqué que les études préalables – incluant l’analyse du sol et de l’environnement – sont indispensables pour évaluer la nature et la qualité du terrain avant tout projet de construction. « L’étude du sol doit examiner sa composition et ses différentes couches sédimentaires afin d’éviter l’apparition de fissures ou de désordres structurels », a-t-il précisé.
Un travail d’équipe pluridisciplinaire
L’architecte Amina Asli a également insisté sur l’importance cruciale des études géotechniques. « Cette étape est obligatoire pour garantir la solidité des constructions », a-t-elle affirmé. Selon elle, la réussite d’un projet architectural ne se limite pas à la conception technique, mais repose sur une collaboration entre différents spécialistes : topographes, ingénieurs en génie civil, géotechniciens et architectes. « Le processus commence par une analyse topographique du terrain pour déterminer sa nature – plat, pentu, etc. –, suivie d’une expertise géotechnique qui influence directement les fondations, les dimensions et les niveaux de construction », a-t-elle expliqué.
Elle a également rappelé que la région d’Ouled Djellal, située en zone désertique (classée N°1), présente des caractéristiques géologiques particulières nécessitant une attention accrue. « Une étude minutieuse du sol est indispensable avant toute construction pour éviter des risques structurels », a-t-elle conclu.
Ce forum a ainsi mis en lumière les bonnes pratiques à adopter pour concilier innovation architecturale, préservation du patrimoine et sécurité des constructions, dans un contexte où la rigueur technique reste la clé de voûte de tout projet réussi.
I.H
