Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, l’UE est appelée à suspendre immédiatement son accord d’association avec l’entité sioniste en raison de la violation continue des droits humains en Palestine.
Par Malika Azeb
Cet accord permet à l’entité sioniste, depuis 2000, d’accéder au marché européen, malgré la poursuite des violations enregistrées ayant atteint le niveau de crimes graves, dont le génocide.
L’Union européenne fait face à un test éthique décisif, à la veille d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères à Luxembourg afin d’étudier une éventuelle suspension totale ou partielle de l’accord, dans un contexte de mobilisation citoyenne au sein des Vingt-Sept, ont indiqué les experts onusiens.
Dans un communiqué publié par le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, les experts ont jugé que l’UE ne peut pas prétendre de manière crédible défendre les droits humains alors qu’elle maintient ses échanges commerciaux avec l’entité sioniste, dont la conduite a été jugée par de nombreuses instances internationales comme constitutive de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.
Les experts de l’ONU ont rappelé que l’appel à la suspension de l’accord d’association a dépassé le seuil d’un million de signatures.
Rappelant que l’article 2 de l’accord d’association considère que le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques sont des éléments clés du partenariat, les experts estiment que les violations graves et persistantes du droit international des droits humains commises par l’entité sioniste auraient dû, depuis longtemps, déclencher les mécanismes de suspension.
Ils ont également cité les ordonnances en indication de mesures conservatoires de la Cour internationale de Justice (CIJ), qui a estimé qu’il existe un risque plausible de génocide à Ghaza.
Dans ce contexte, la CIJ a exhorté l’entité sioniste à garantir l’acheminement de l’aide humanitaire, qui, selon les experts, a été à plusieurs reprises ignoré.
Les experts onusiens ont aussi évoqué les mesures conservatoires ordonnées par la Cour. Ils ont, en outre, rappelé l’avis consultatif rendu le 4 juillet 2024 par la CIJ, déclarant illégale l’occupation des territoires palestiniens et appelant les États à ne pas soutenir, directement ou indirectement, une telle situation.
Par ailleurs, les experts de l’ONU ont évoqué les mandats d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du Premier ministre et de l’ancien ministre de la Défense sionistes pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
En plus de nombreux rapports d’organes onusiens et d’ONG documentant des violations du droit international.
Les experts onusiens ont affirmé que, depuis deux ans et demi, l’UE assiste à une intensification des exactions contre les Palestiniens sans prendre de mesures efficaces pour faire respecter le droit international, citant des analyses de l’ONU sur le génocide, incluant notamment la torture à grande échelle, les violences sexuelles, les détentions arbitraires, les disparitions forcées, les déplacements forcés, la destruction systématique des logements à Ghaza, l’effondrement du système éducatif et la famine.
D’autre part, ils ont dénoncé des pratiques assimilées à une épuration ethnique en Cisjordanie occupée, ainsi que l’adoption récente d’une loi sioniste instaurant la peine de mort pour certains détenus, qualifiée de mesure discriminatoire et d’escalade préoccupante.
Les États membres de l’UE, en tant que parties à la Convention de Genève, sont tenus d’employer tous les moyens appropriés pour prévenir le génocide et garantir le respect du droit humanitaire, et maintenir des relations commerciales avec l’entité sioniste contribue à perpétuer une situation illicite et grave dans les territoires palestiniens.
La suspension de l’accord avec l’entité sioniste constitue non pas un choix politique, mais une exigence juridique, ont rappelé les experts de l’ONU.
MA
