Culture orale / D’où viennent les contes et à quoi servent-ils? (Partie 2 et fin ) .

 

 

 

Contrairement ce que l’on pense généralement, les contes ne s’adressent pas uniquement aux enfants. Pierre N’da va même plus loin. Les recherches qu’il a effectuées sur une centaine de contes africains pour déterminer leurs destinataires, surprennent quelque peu puisqu’elles révèlent que 55 d’entre eux s’adressent aux adultes et que 8 seulement sont destinés aux enfants. Les autres contes se répartissent comme suit : 31 pour les enfants et les adultes ; 6 n’ont pas de destinataire précis. Pierre N’da conclut que si les contes africains instruisent et fustigent les défauts de la jeunesse « ils ne s’adressent pas moins aux adultes chez qui ces mêmes défauts ne sont pas totalement absents ».

Les contes sont, sur notre continent, un moyen de corriger les défauts des membres de la communauté tout en les familiarisant avec les règles de conduite et les valeurs ancestrales. Senghor disait à ce propos : « En Afrique noire, toute fable, voire tout conte, est l’expression imagée d’une vérité morale, à la fois connaissance du monde et leçon de la vie sociale ». Transmettre les contes à la progéniture est perçu par les anciens comme le moyen d’assurer la pérennité de l’ordre social et des valeurs héritées des ancêtres.

C’est pourquoi les Dogons (Mali), par exemple, affirment que tous les contes sont anciens et que tous ceux qui en inventent de nouveaux sont des menteurs.

Le contenu des contes nouvellement créés risque, en effet, du contraster avec les valeurs traditionnelles admises par la communauté d’où la nécessité de les fustiger et d’accabler de honte celui qui les produirait. Car inventer un conte c’est, en quelque sorte, aller à l’encontre de la vie communautaire ! C’est là, si besoin est, une preuve que les contes populaires en Afrique sont loin d’être de simples histoires ludiques. Bien au contraire ; ils reflètent, pour la plupart, une philosophie populaire millénaire qui a survécu aux embûches du temps et de l’oubli parce que les générations qui se sont succédé l’avaient jugée digne d’être leur guide dans la vie. Une philosophie enseignée non pas à l’aide de théories abstraites mais par le biais de contes amusants et captivants, car l’Africain savait depuis longtemps que le message didactique ne saurait être efficace s’il négligeait le ludique.

Ce qui est valable pour les contes, l’est aussi pour les proverbes, véritables résumés de ce que la vie et l’expérience ont appris à nos prédécesseurs depuis la nuit des temps. En les réunissant, on peut constituer une somme de connaissances qui ne sont en fait que l’expression de vérités existentielles dûment vérifiées. Et ils sont si clairs, si complets et si fidèles à la réalité sociale que les Twis (tribu du Ghana) pensent qu’ils peuvent suffire à la formation éducative d’un enfant, pour peu que celui-ci soit intelligent.

Ce n’est là qu’un bref aperçu des vérités se cachant derrières lamhajiates de nos grands-mères. Pour en savoir plus, il suffit de faire des recherches sur le Net…Si vous cherchez bien, vous regarderez les contes d’une autre manière.

 

FIN

 

 

N.M

 

 

 

 

 

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post

Réunion hier du gouvernement / L’agriculture, l’énergie, les travaux publics et la culture à l’ordre du jour

jeu Fév 16 , 2023
      Le Premier ministre, M. Aïmene Benabderrahmane, a présidé, hier mercredi, une réunion du gouvernement, consacrée à l’examen de questions liées au secteur de l’agriculture, de l’énergie, de la culture, et des travaux publics, indique un communiqué des Services du Premier ministre dont voici le texte intégral:   […]

ENTRE NOUS

Quotidien national d’information

Edité par EURL Rocher du Faucon

Directeur de Publication: Nasser MOUZAOUI

Adresse: Maison de la presse, 1, rue Bachir Attar, Place du 1er Mai, Alger-Algérie.

E.MAIL: entrenousdz2020@gmail.com