En Algérie, les encaissements liés à la finance islamique gérés par le Crédit Populaire d’Algérie (CPA) ont franchi le cap des 53 milliards de dinars algériens (DA) à la fin février 2025, cumulés depuis le démarrage de cette activité en 2020. Parallèlement, le revenu global de la banque publique s’élevait à 107 milliards DA à la clôture de l’année 2024, selon un rapport interne.
Par Dahmane Abderrahmane
Les prêts octroyés dans le cadre de cette filière ont progressé, passant de 8,3 milliards DA fin 2024 à 10,3 milliards DA deux mois plus tard. Près de 45 % de ces financements, soit 4,6 milliards DA, ont été alloués à l’acquisition de logements, soulignant l’orientation majeure vers l’immobilier résidentiel. Pour soutenir cette dynamique, le CPA s’appuie sur un réseau de 108 comptoirs spécialisés et deux agences exclusivement dédiées à la finance islamique, offrant des services variés : gestion de comptes courants, épargne, investissements, ainsi que des solutions de crédit via les mécanismes de Mourabaha et d’Ijara (acquisition de biens).
L’établissement annonce également l’introduction de nouvelles solutions en 2025, dont l’Istisnaa (aménagements pour particuliers), la Mourabaha approvisionnement (destinée aux entreprises) et le contrat Salam (préfinancement de projets professionnels). Ces innovations visent à élargir son portefeuille client.
Réformes et performance globale
Sur l’ensemble de son activité bancaire (conventionnelle et islamique), le CPA a distribué 295 milliards DA de crédits en 2024, combinant soutien à l’investissement et à l’exploitation. Cette année a également été marquée par une modernisation des processus d’attribution, avec une digitalisation accrue, une hausse des plafonds de prêts et un assouplissement des taux d’intérêt. Des mesures complémentaires ont simplifié l’accès au crédit immobilier, optimisé les conditions pour les particuliers et adapté les offres aux besoins des professionnels de santé, des libéraux et des commerçants.
Le secteur privé a absorbé 48 % des financements, devant le public (33 %), les programmes aidés (10 %) et les particuliers. Les engagements à moyen et long terme ont dominé (74 %), suivis des crédits courts et immobiliers.
Côté ressources, le CPA a mobilisé 1 938,5 milliards DA en 2024, incluant 360,7 milliards DA d’épargne à terme. Les dépôts proviennent à 44 % du secteur public, 16 % du privé et 39 % des particuliers, avec 10,1 milliards DA issus de la finance islamique.
Stratégie numérique et entrée en Bourse
La banque a renforcé sa présence digitale avec le lancement de la carte Cpaye+ (paiement différé) et du service mobile CPA Wimpay, utilisant la technologie QR. Enfin, 2024 a consacré son introduction historique à la Bourse d’Alger, où elle a levé 112 milliards DA via la cession de 60 millions de titres, confirmant son statut de pionnier sur le marché financier national.
Cette trajectoire positive s’explique par une stratégie proactive : diversification de l’offre, qualité de service, fidélisation et extension du réseau.
D.A
