Des intervenants ayant pris part, dimanche, à un colloque national tenu à l’Université d’Oran 2 Mohamed-Benahmed ont mis en exergue la nécessité de consolider le commerce intra-africain et d’exploiter pleinement les possibilités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), perçue comme un instrument stratégique au service de la diversification de l’économie nationale.
Par Saïd Slimani
Cette manifestation scientifique, initiée par le laboratoire « Tendances et nouveaux défis des politiques de développement en Algérie », relevant de la Faculté des sciences économiques, commerciales et des sciences de gestion, sous le thème « Le commerce intra-africain et son rôle dans la diversification de l’économie algérienne », s’inscrit dans une réflexion visant à identifier les moyens susceptibles de renforcer l’intégration de l’Algérie au marché africain et de mettre à profit sa situation géographique en tant que passerelle vers le continent.
Le président du colloque, le docteur Benguendouz Hocine, a affirmé que le commerce intra-africain constitue désormais un enjeu stratégique étroitement lié à l’avenir de la souveraineté économique du continent. Il a souligné que le succès de la quatrième édition de la Foire commerciale intra-africaine, accueillie par l’Algérie en septembre 2025, témoigne de l’engagement du pays en faveur du renforcement de l’intégration économique africaine.
Il a également estimé que l’édification d’un marché africain intégré s’impose aujourd’hui comme une nécessité dictée par les mutations économiques mondiales, appelant à accélérer le développement des infrastructures et à concrétiser les accords d’intégration économique conclus entre les États africains.
Pour sa part, le directeur du laboratoire « Tendances et nouveaux défis des politiques de développement en Algérie » et coordinateur général du colloque, le docteur El-Houari Belhacen, a indiqué qu’une application intégrale de la ZLECAf pourrait accroître les échanges commerciaux intra-africains jusqu’à 45 %, ouvrant ainsi des perspectives prometteuses pour le développement des industries de transformation et la diversification de l’économie algérienne.
Le professeur Abdeslam Makhloufi, de l’Université de Béchar, a expliqué que l’Algérie adopte une approche renouvelée visant à faire des frontières sud des espaces d’intégration économique à travers la réalisation de projets structurants, à l’image de la route transsaharienne et de la ligne ferroviaire Béchar-Tindouf-Gara Djebilet, ainsi que par la création de zones logistiques. Il a précisé que les corridors économiques deviennent progressivement des espaces générateurs de valeur ajoutée, d’investissement et de production.
De son côté, le président du Conseil d’affaires algéro-mauritanien, El Ghazi Youssef, a souligné l’apport de la convention de transport international « TIR » dans la facilitation des échanges commerciaux. Il a estimé que le poste frontalier économique algéro-mauritanien et la zone franche de Tindouf sont en mesure de faire de l’Algérie une plateforme logistique reliant le bassin méditerranéen aux marchés de l’Afrique de l’Ouest.
Ce colloque a rassemblé des enseignants-chercheurs, des experts ainsi que des représentants d’organismes économiques. Les débats ont porté sur les mécanismes de financement et de facilitation des échanges, les infrastructures, la numérisation, ainsi que sur les défis associés au processus d’intégration économique du continent africain.
S.S
