L’Algérie fait partie du cercle restreint des pays africains ayant quasiment généralisé l’accès à l’électricité et au gaz, avec des taux avoisinant les 100 %, résultat de choix publics affirmés et d’un appareil énergétique robuste. Cette performance est mise en avant par la Commission africaine de l’énergie (AFREC) dans un rapport consacré à l’évaluation de l’objectif de développement durable numéro 7, relatif à l’accès à une énergie fiable, durable et moderne pour tous.
Par Youcef Hamidi
Selon ce document, le pays a réussi à préserver une couverture énergétique totale malgré l’augmentation continue de sa population. Cette situation s’explique principalement par la solidité de ses infrastructures, la permanence des mécanismes de soutien public et l’efficacité de sa chaîne d’approvisionnement. L’implication constante des pouvoirs publics a permis l’intégration fluide des nouveaux ménages dans les réseaux énergétiques modernes, sans rupture ni surcharge du système.
Le rapport souligne également que l’accès généralisé à l’électricité et au gaz naturel constitue en Algérie un facteur déterminant du développement durable. Ces ressources sont présentées comme des leviers essentiels de la croissance économique, mais aussi comme des instruments d’amélioration tangible des conditions de vie de la population.
À l’échelle de l’Afrique du Nord, l’Algérie se démarque nettement de ses voisins. Elle affiche un taux d’électrification presque total et couvre plus de 90 % des besoins domestiques en solutions de cuisson propres. L’AFREC attribue cette avancée à des dispositifs de subventions cohérents et à un réseau de distribution étendu et performant, capable de répondre efficacement à la demande.
S’agissant des énergies renouvelables, la Commission reconnaît les progrès réalisés par l’Algérie, tout en attirant l’attention sur les défis persistants. L’augmentation de la part des sources renouvelables dans le mix énergétique national et la réduction de la dépendance aux énergies fossiles demeurent des objectifs stratégiques à consolider dans les années à venir.
À l’échelle du continent africain, le rapport dresse toutefois un constat contrasté. Le taux moyen d’électrification atteint 61 %, laissant encore environ 563 millions de personnes sans accès à l’électricité, principalement dans les zones rurales et périurbaines. Cette situation est particulièrement marquée en Afrique de l’Est, de l’Ouest et en Afrique centrale, où seuls 28 % des habitants bénéficient de l’électricité.
L’accès aux technologies de cuisson propres reste également un enjeu majeur. À peine 35 % de la population africaine en disposent, tandis que plus de 940 millions de personnes continuent de recourir à des combustibles polluants, avec des conséquences importantes sur la santé et l’environnement.
Enfin, l’AFREC met en lumière la question cruciale du financement, considérée comme l’un des principaux freins à la généralisation d’une énergie moderne et durable sur le continent. La Commission estime que près de 50 milliards de dollars d’investissements annuels sont nécessaires pour atteindre l’accès universel à l’électricité d’ici 2030, auxquels s’ajoutent environ 4 milliards de dollars par an pour le développement des solutions de cuisson propres. Elle appelle ainsi à une mobilisation accrue des ressources financières, notamment par le renforcement de partenariats public-privé solides, afin de combler le déficit actuel et d’accélérer la transition énergétique africaine.
Y.H
