Cinéma / Première ligne de Merzak Allouache ou quand la plage devient le miroir de la société

 

 

  Dans son dernier film, Première ligne, le réalisateur algérien Merzak Allouache nous plonge dans le quotidien de deux familles d’un quartier populaire qui se disputent une place sur la plage d’El Djamila. Derrière cette comédie légère, pleine d’action et d’humour, se cache une critique sociale subtile. Le film aborde des thèmes profonds tels que l’injustice, l’hypocrisie, le favoritisme, ainsi que la place des femmes et des jeunes dans la société. Une œuvre à la fois divertissante et poignante, qui reflète avec justesse la réalité contemporaine de l’Algérie.

 

Par Chaimaa Sadou

 

Le week-end dernier, Première ligne a été projeté à la Cinémathèque d’Alger devant une salle comble, témoignant de l’enthousiasme qu’il suscite auprès du public.

Cette comédie satirique de 86 minutes met en scène, avec finesse, les interactions quotidiennes de deux familles issues d’un quartier populaire. Chaque été, elles se rendent à la célèbre plage d’El Djamila — anciennement La Madrague — avec pour objectif d’obtenir le meilleur emplacement : proche de la mer et bien ombragé grâce aux parasols.

Cependant, ces emplacements convoités sont rares et donnent lieu à des pratiques informelles, notamment la corruption. Deux plagistes, interprétés par Brahim Derris et Nabil Asli, tirent parti de la situation : les places ne sont plus attribuées selon l’ordre d’arrivée, mais au plus offrant.

Parmi les familles, celle de Zohra Bouderbala (jouée par Fatiha Ouared), mère de cinq enfants, arrive chaque matin à l’aube dans l’espoir d’occuper un bon emplacement. Mais un jour, les Kadouri, une autre famille, arrivent plus tard et s’installent à un endroit stratégique, grâce à un pot-de-vin. Ce favoritisme déclenche une vive rivalité. Les tensions montent rapidement, passant des invectives à des affrontements, jusqu’à ce que les deux familles soient conduites au poste de police.

L’intrigue s’épaissit avec l’apparition de Lounès (Idhir Benaïbouche), le complice secret de Zohra. Lorsque Mokhtar (Kader Affak), le mari de Zohra, découvre la trahison grâce à l’imam du quartier, joué par Hacène Benzerari, un nouveau drame se noue, plongeant le récit dans un chaos encore plus profond.

À l’issue de la projection, Merzak Allouache et son équipe ont échangé avec le public dans une atmosphère conviviale. La critique sociale subtile, mêlée à l’humour et à l’ironie, a été largement saluée.

Cette coproduction algéro-française a déjà été présentée dans plusieurs festivals internationaux, notamment à Toronto (Canada), Djeddah (Arabie Saoudite), Carthage (Tunisie), Malmö (Suède) et Montréal (Canada).

En Algérie, la sortie en salles est prévue juste après l’Aïd El-Adha, dans 14 cinémas à travers le pays. Première ligne marque le 19ᵉ long-métrage de Merzak Allouache, un cinéaste engagé, toujours proche de son public, qui continue de porter un regard critique et profondément humain sur la société algérienne.

 

C.S

 

 

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