Le 19 mars 1962 et ses enseignements / Amar Belkhodja revisite la date symbolique de la victoire algérienne

Organisée à la librairie “Chaïb-Dzaïr” par l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP), cette rencontre s’est tenue dans le cadre d’un cycle de causeries historiques et littéraires durant le mois sacré du Ramadhan.

Par  N.N.Salem

Amar Belkhodja a choisi de qualifier son intervention de “causerie” plutôt que de conférence formelle, une approche qu’il juge plus pédagogique et propice aux échanges avec le public. “Mon intervention portera sur trois thèmes principaux, abordés de manière synthétique pour favoriser le dialogue avec les participants”, a-t-il expliqué.

Le premier thème a porté sur le 19 mars 1962, une date qui a marqué le début d’une nouvelle ère pour le peuple algérien, déterminé à conquérir sa liberté après d’immenses sacrifices. L’historien a retracé les étapes clés ayant conduit à cette victoire, tout en dénonçant la “mauvaise foi des autorités françaises”, accusées d’avoir pratiqué le double langage et la diversion pour éviter une solution politique à la guerre. Il a également salué la “diplomatie de guerre” menée par les Algériens, qui a permis de déjouer les stratégies coloniales de De Gaulle et Guy Mollet, isolant ainsi la France sur la scène internationale et la contraignant à négocier.

Le deuxième thème abordé a été celui de la torture, érigée en système par l’armée coloniale française. M. Belkhodja a décrit cette pratique comme une “méthode de répression barbare et systématique”, infligée avec une cruauté inouïe à tout suspect. Il a regretté que ce sujet n’ait pas été suffisamment exploré par les historiens algériens, soulignant que ce sont des chercheurs étrangers, notamment français, qui ont mis en lumière ces atrocités. Parmi eux, il a cité Jules Roy, Xavier Yacono, Michel Renard, Jean-Louis Tranche, Gilles Manceron et Martine Le Coz, qui ont dénoncé ces violations des droits humains dans leurs écrits.

Enfin, le troisième volet de son intervention a rendu hommage aux avocats, algériens et étrangers, qui ont défendu les militants algériens arrêtés et emprisonnés par l’armée coloniale. Parmi ces figures courageuses, il a mentionné André Berthon, Yves Dechézelles, Pierre Stibbe, Pierre Braun, Henri Douzon, Joe Nordmann, Nicole Dreyfus et Jacques Vergès, ce dernier s’étant engagé sans relâche dans la défense des militants du FLN. M. Belkhodja a également évoqué le sort tragique de certains avocats, comme Maamar Bentoumi, emprisonné de 1957 à 1959, ou encore Ameziane Ait Ahcene, Mokrane Ould Aoudia et Ali Boumendjel, ce dernier ayant été assassiné par les parachutistes du général Massu lors de la Bataille d’Alger.

À la veille de la Journée nationale de l’avocat, célébrée chaque 23 mars, M. Belkhodja a conclu en rappelant l’importance de saluer le courage de ces défenseurs de la justice, dont certains ont payé de leur vie leur engagement pour la cause algérienne.

Amar Belkhodja, historien, journaliste et auteur prolifique, compte à son actif plus d’une trentaine d’ouvrages, dont “Dalal Maghrabi et les autres”, un hommage à la Palestinienne d’origine algérienne Dalal Maghrabi, tombée en martyre en 1978 face à l’occupation sioniste.

 

N.N.S

 

 

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