Dans le cadre du programme national de protection du patrimoine culturel matériel, le ministre de la Culture et des Arts, M. Zouhir Bellalou, a supervisé samedi dernier le lancement de la 7ᵉ édition du Festival culturel du costume traditionnel, dédiée au « Caftan algérien ». L’événement, organisé au Palais du Bastion 23, se déroule sous la direction de Mme Faïza Riach, directrice du site et commissaire du festival.
Par Ikram Haou et Yakout Abina
À cette occasion, M. Bellalou a souligné l’importance de ce rendez-vous qui met en exergue la richesse du patrimoine vestimentaire national, porteur d’une empreinte historique unique et inaliénable. Mme Riach a rappelé que « le Bastion 23 d’Alger, jadis forteresse militaire contre les menaces extérieures, est aujourd’hui un rempart de la culture et de la mémoire, au service de la préservation du caftan ».
Cette édition, placée sous le slogan « Préserver l’authenticité à l’heure du renouveau », met particulièrement en valeur le caftan algérien. Le ministre a salué la forte participation des spécialistes, universitaires et chercheurs en anthropologie, ainsi que la présence d’experts de l’industrie du caftan. Selon lui, ce festival constitue une initiative sans précédent dans l’histoire culturelle de l’Algérie, car il retrace les origines du caftan, remontant au Xe siècle. Il a ajouté que ce vêtement témoigne de l’ancrage profond du patrimoine algérien dans l’histoire, tout en rappelant les efforts engagés par l’État pour obtenir sa reconnaissance mondiale, une démarche qualifiée d’« honorable ».
Restaurer en respectant l’authenticit
Le ministre a ensuite inauguré les expositions consacrées au costume traditionnel algérien et s’est entretenu avec des spécialistes sur l’origine de ces habits, les raisons de leur conception et les occasions de leur port. Il a insisté sur la nécessité de moderniser et de restaurer les tenues traditionnelles, notamment le caftan, tout en respectant leur authenticité. À ce propos, il a annoncé la tenue d’ateliers de restauration, comparant les vêtements à un édifice : « comme un bâtiment, ils doivent être préservés et restaurés en permanence ». Fier de l’initiative, il a également révélé le lancement prochain d’un programme international de classement des vêtements traditionnels algériens, à commencer par les habits et bijoux kabyles, le karakou, suivis des costumes sahariens et touaregs.
Un concours entre quatre femmes et deux hommes
Un concours national a par ailleurs été organisé, réunissant six stylistes, dont quatre femmes et deux hommes issus de différentes régions du pays (Réghaïa, Tipaza, Blida, etc.). Les candidats disposent de quatre jours pour concevoir un caftan alliant authenticité et modernité, avec une dotation de 30 000 DA chacun, pour un financement global de 180 000 DA. Leurs créations seront évaluées par un jury composé de trois experts : Ilyes Belkacem, Zakia Bacha et Mohammad Nadir Chellali. Ce dernier a précisé que l’un des critères essentiels est la compatibilité des modèles avec les caftans anciens. Il a rappelé que l’édition vise à préserver l’authenticité du caftan, reconnu par l’UNESCO en 2012 aux côtés de la robe de Tlemcen, et qui pourrait être élargi à d’autres pièces de l’est algérien d’ici décembre 2024.
Un véritable défi
Mme Bacha a qualifié le concours de « véritable défi », les participants devant travailler pendant trois jours, de 9h à 20h, en misant sur un assemblage manuel respectueux de la tradition. Aucun modèle imposé n’a été prescrit, laissant aux stylistes la liberté de créer leur propre version du caftan dans le respect des critères établis. M. Belkacem a expliqué que la sélection des candidats s’est faite via une plateforme numérique dédiée, mais aussi par candidatures directes. Il a insisté sur la recherche d’un design contemporain de haute qualité, fidèle aux racines du caftan.
Le ministre a profité de l’occasion pour rappeler aux créateurs et exposants l’importance de valoriser le caftan dans les cérémonies officielles comme dans les fêtes familiales. Il a affirmé que les retombées scientifiques et culturelles de cette édition auront un impact significatif sur la vie sociale, culturelle et économique du pays.
La journée d’ouverture s’est clôturée par un défilé haut en couleurs, mettant en avant la diversité et l’élégance des tenues traditionnelles algériennes. Hommes et femmes ont présenté une riche palette de costumes issus des différentes régions, offrant au public un voyage visuel au cœur de l’histoire vestimentaire nationale.
L’événement, qui se poursuit jusqu’au 2 septembre, proposera également des soirées musicales et divers programmes culturels, et devrait attirer un large public, selon les organisateurs.
I.H et Y.A
