Algiers Urban Trail 2026 / Courir et découvrir Alger, son histoire et sa mémoire

 

La troisième édition de l’Algiers Urban Trail s’est déroulée à Alger le 26 juin 2026, sous l’organisation de la Ligue algéroise de ski et des sports de montagne. Cet événement sportif a rassemblé un total de dix mille participants inscrits, dont précisément six mille deux cent trente hommes et trois mille deux cent dix femmes. Les coureurs représentaient plusieurs wilayas d’Algérie ainsi que vingt-trois pays étrangers.

 

 

Par Rihab Taleb

En plus de la compétition, un vaste village sportif et culturel s’est installé sur le site des Sablettes du 23 au 25 juin. Durant trois jours, il a proposé des animations sportives, des ateliers artistiques, des projections culturelles, des concerts, des performances musicales ainsi que des activités destinées aux familles et aux enfants.

 

Une distance de 19,7 kilomètres

La course s’est disputée sur une distance officielle de 19,7 kilomètres, mesurée entre la ligne de départ et la ligne d’arrivée. Afin d’assurer la fiabilité des résultats, l’épreuve a bénéficié du système international de chronométrage MYLAPS. Chaque coureur disposait d’une puce électronique intégrée à son dossard permettant d’enregistrer les temps intermédiaires, de suivre la progression en temps réel et de publier instantanément les classements. Le départ de la course s’est déroulé de manière fluide grâce à l’installation de sas identifiés par différentes couleurs. Ces zones d’attente regroupaient les coureurs par vagues selon leur niveau, avec des couleurs différentes pour les athlètes professionnels de l’élite, les intermédiaires rapides, les moins rapides et, enfin, le grand public.

Le parcours a été spécialement tracé pour mettre en valeur les sites emblématiques, le patrimoine historique et les paysages urbains de la capitale. Après avoir quitté la Marina, les coureurs ont longé tout le front de mer en direction du centre-ville, en passant d’abord devant le siège de la wilaya d’Alger. Les participants ont ensuite abordé la montée vers la Casbah d’Alger, un secteur technique caractérisé par d’étroites ruelles pavées et de nombreux escaliers, où les habitants se sont rassemblés pour encourager les athlètes. Le tracé a ensuite conduit les sportifs vers les Arcades de l’Amirauté, également appelées Arcades d’Aroudj, avant de redescendre vers la place des Martyrs. La course s’est poursuivie sur les grands boulevards de la ville, en passant devant le bâtiment de la Grande Poste avant d’emprunter la rue Hassiba Ben Bouali. Les coureurs ont ensuite traversé les allées du Jardin d’Essai d’El Hamma, un espace de verdure plat qui précédait la dernière section de l’épreuve. Cette ultime partie consistait en une ascension difficile vers les hauteurs de la ville, conduisant les concurrents jusqu’à la ligne d’arrivée située au pied du monument de Makam El Chahid. Il s’agissait de la portion la plus difficile du parcours, les montées menant au monument étant particulièrement exigeantes.

Para-athlètes malvoyants et aveugles ont pris le départ

Cette édition 2026 de l’Algiers Urban Trail a intégré des athlètes en situation de handicap au sein de la compétition. Parmi eux, des para-athlètes malvoyants et aveugles ont pris le départ aux côtés de guides bénévoles. Chaque duo était relié par une cordelette de guidage permettant au guide d’orienter l’athlète et de lui signaler les changements de direction, les obstacles au sol et les passages d’escaliers tout au long des 19,7 kilomètres. Des athlètes en fauteuil roulant ont également pris part à la course, affrontant le relief de la capitale, les portions goudronnées et les pentes à la seule force de leurs bras. Les spectateurs et les équipes techniques disposés le long du parcours ont applaudi le passage des sportifs afin de soutenir leurs efforts et leur endurance, en leur proposant de l’eau et en les encourageant tout au long de la course.

Le participant le plus âgé à prendre le départ de cette édition était Si Abdelkader Benguella, âgé de 92 ans. Cet habitant d’Alger possède un riche passé historique et sportif directement lié à la ville. Il s’était déjà illustré en 1955 en courant un semi-marathon entièrement pieds nus. Il a franchi la ligne d’arrivée au pied de Makam El Chahid sous les acclamations des spectateurs, des organisateurs et des autres coureurs, témoignant de sa longévité et de son attachement à la course de fond.

Pour mieux gérer les dix mille coureurs et assurer le bon déroulement de l’événement, l’organisation a mobilisé près de trois mille neuf cents intervenants, comprenant des bénévoles, des équipes techniques, des forces de sécurité, des professionnels de la santé et des partenaires logistiques. Le dispositif médical et de secours comptait plus de cinquante médecins, deux cents secouristes ainsi que cinquante médecins-coureurs directement intégrés dans les différents sas de départ afin de progresser au milieu du peloton et d’intervenir immédiatement en cas de malaise ou de blessure. Des ambulances étaient déployées sur l’ensemble du parcours, appuyées par des équipes d’intervention rapide circulant à moto pour se déplacer facilement dans les rues fermées à la circulation. Des postes de secours fixes étaient installés tous les deux à trois kilomètres afin de couvrir l’intégralité du tracé. Enfin, plus de trois cent cinquante signaleurs étaient répartis aux intersections pour sécuriser les passages, tandis que six cents bénévoles étaient affectés exclusivement aux postes de ravitaillement afin de distribuer de l’eau et des aliments énergétiques aux coureurs, notamment des raisins secs, des galettes, des boules d’énergie, du kalb louz, des pêches séchées ainsi que des bananes.

Une ambiance particulièrement festive

À la Marina des Sablettes, l’ambiance était particulièrement festive grâce aux animateurs au micro et aux haut-parleurs diffusant une musique rythmée pour accompagner l’échauffement. Tout au long des 19,7 kilomètres, plusieurs groupes de musiciens étaient également installés sur le parcours afin d’encourager les sportifs avec des morceaux traditionnels et modernes. Au terme de l’effort, l’arrivée au pied de Makam El Chahid a consacré les grands vainqueurs de cette édition 2026 : l’athlète algérien Abdelhamid Moussaoui s’est imposé chez les hommes, tandis que la coureuse algérienne Souad Ait Salem a remporté la première place chez les femmes. En réunissant les performances des élites, la ferveur de la musique et l’immense courage de tous les participants, l’Algiers Urban Trail s’impose comme le plus beau symbole du sport et de l’unité au cœur de la capitale.

R.T

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