Conférence mémorielle d’Accra / Adoption d’une feuille de route pour faire avancer la justice réparatrice

 

 

Les participants à la conférence de haut niveau appellent à renforcer les liens entre l’Afrique, les Caraïbes et les diasporas africaines afin de transformer les revendications mémorielles en actions concrètes.

Par Halim Dardar

 

À l’issue de la Conférence consultative de haut niveau consacrée à la traite transatlantique des esclaves, tenue à Accra, les participants ont approuvé une feuille de route commune destinée à intensifier les démarches en faveur de la justice réparatrice et à approfondir les liens entre l’Afrique, les Caraïbes et les diasporas africaines.

Organisée du 17 au 19 juin dans la capitale ghanéenne, cette rencontre a rassemblé des chefs d’État africains, des représentants des diasporas, des responsables politiques caribéens ainsi que plusieurs partenaires internationaux. Ensemble, ils ont validé le document final baptisé « Accra Next Steps », qui fixe les orientations futures du mouvement réclamant des réparations.

Composé de 46 paragraphes, ce texte recommande notamment d’intégrer la justice réparatrice dans les cursus éducatifs, de mettre en place des musées dédiés à la mémoire de l’esclavage, d’accélérer la restitution des biens culturels africains et d’engager une réforme des institutions financières internationales ainsi que du système des Nations unies.

Prenant la parole à la clôture des travaux, le président du Ghana, John Dramani Mahama, s’est félicité de l’adoption de cette déclaration finale, résultat de trois journées d’échanges consacrées à l’élaboration d’une vision commune concernant les réparations liées aux injustices historiques engendrées par l’esclavage et le colonialisme.

De son côté, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a estimé que l’un des défis majeurs réside dans une meilleure transmission aux jeunes générations de l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, un passé qui demeure encore insuffisamment connu selon lui.

La conférence a également été marquée par plusieurs annonces concrètes concernant la restitution du patrimoine culturel africain. Les Pays-Bas ont ainsi fait savoir qu’ils restitueraient 2 000 objets culturels répertoriés dans leurs collections, tandis que l’Allemagne s’est déclarée prête à rendre quatre artefacts. Quant au Danemark, il a promis d’appuyer les actions de préservation du château de Christiansborg à Accra, ancien fort ayant servi au commerce transatlantique des esclaves.

Selon les organisateurs, la feuille de route adoptée dans la capitale ghanéenne représente une avancée majeure pour convertir les revendications historiques en initiatives concrètes au service de la justice réparatrice et d’une mémoire commune.

 

H.D

 

 

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