Les ateliers de simulation des colonies de vacances, organisés hier samedi au Village méditerranéen d’Oran, ont constitué un espace pratique de formation et de perfectionnement des encadreurs des Centres de vacances et de loisirs. Ils ont permis de reproduire les différents aspects organisationnels et pédagogiques des colonies estivales, tout en intégrant les usages de l’intelligence artificielle dans les programmes éducatifs modernes.
Cette simulation ne s’est pas limitée aux activités récréatives et d’animation. Elle a couvert l’ensemble des dimensions de la vie en colonie de vacances, notamment les volets pédagogique, administratif et médical, ainsi que la gestion des situations exceptionnelles auxquelles les équipes d’encadrement peuvent être confrontées durant la saison estivale.
Le directeur de la simulation et président du Centre de formation et d’entraînement de l’Agence nationale des loisirs de la jeunesse (ANALJ), Ismaïl Debbah, a indiqué qu’environ un millier de participants directeurs, gestionnaires financiers, animateurs, médecins, infirmiers et psychologues ont été répartis sur cinq colonies virtuelles reproduisant le fonctionnement de structures réelles. Il a précisé que cette opération vise à unifier les approches pédagogiques et les méthodes de gestion, en prévision du lancement des premières sessions estivales prévu le 24 juin, qui se poursuivront par vagues successives jusqu’au 7 septembre prochain.
Il a ajouté que chaque colonie virtuelle est organisée en trois groupes se relayant dans plusieurs ateliers thématiques, dont ” la journée de la citoyenneté “, ” la journée de lutte contre les fléaux sociaux ” et ” la journée dédiée aux énergies renouvelables et à l’environnement “, ainsi que des thématiques liées à la mémoire, à l’identité, au citoyen numérique responsable et au leadership. Les encadreurs s’appuient sur un programme pédagogique unifié et une banque de 250 activités adaptables aux différentes tranches d’âge.
Le même responsable a souligné que les programmes tiennent compte des spécificités des bénéficiaires. Ainsi, des ateliers simplifiés sont proposés aux enfants âgés de 6 à 9 ans, tandis que les jeunes de 14 à 17 ans sont orientés vers des activités adaptées à leur niveau de maturité, telles que des campagnes de nettoyage, la sensibilisation à la citoyenneté et à la participation civique, dans le cadre d’une approche éducative progressive et flexible.
Dans ce contexte, l’atelier consacré à l’intelligence artificielle s’est distingué comme une innovation majeure du programme. L’animateur Bilal Kadraoui, de la wilaya de Chlef, a expliqué qu’il vise à initier les enfants à une utilisation sûre et positive de cette technologie, qualifiée “d’arme à double tranchant “, en les orientant vers des usages créatifs et éducatifs plutôt que passifs.
Cet atelier repose sur des applications pratiques au sein des camps, notamment la production de chansons éducatives à l’aide d’outils d’intelligence artificielle, la conception d’affiches, de dépliants et de récits imaginaires, ainsi que la création de personnages numériques et la transformation d’histoires produites par les enfants grâce à des applications intelligentes. L’objectif est de renforcer leurs capacités créatives et expressives.
Les encadreurs ont affirmé que cette démarche vise à faire passer l’enfant du statut de simple consommateur de technologies à celui d’acteur et de créateur, à travers la réalisation de mini-projets artistiques et éducatifs, en cohérence avec l’orientation générale visant l’intégration des compétences numériques dans la formation des encadreurs et des enfants.
La simulation a également intégré le volet du contrôle et de l’inspection. Les inspecteurs ont participé à des exercices pratiques reproduisant leurs missions sur le terrain dans les domaines administratif, financier et pédagogique, notamment la vérification des documents, du respect des programmes et de l’adéquation des activités aux tranches d’âge ciblées, à l’image des inspections réalisées dans les centres de vacances.
Par ailleurs, des exercices de gestion de crise et de situations d’urgence ont été programmés dans l’après-midi, à travers plusieurs scénarios, notamment la disparition d’un enfant, un incendie, des cas d’intoxication alimentaire ou diverses blessures, dans le but de renforcer la préparation opérationnelle et d’améliorer la coordination entre les différentes équipes.
Plusieurs participants ont estimé que ces ateliers leur ont permis d’acquérir une vision plus claire des méthodes de prise en charge des enfants, de l’organisation des activités et de la gestion des différentes situations, contribuant ainsi au renforcement de leurs compétences de terrain.
RA
