Plus de deux millions de personnes, soit près d’un tiers de la population de la République centrafricaine, sont confrontées à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë et nécessitent une assistance urgente, ont indiqué, mardi, les Nations unies.
Selon la dernière analyse du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), 2,01 millions de personnes sont actuellement classées en phase de crise ou pire (Phase 3 ou plus).
Parmi elles, environ 262.000 personnes se trouvent en situation d’urgence (Phase 4) tandis que 1,75 million sont en phase de crise (Phase 3).
Le rapport souligne que les personnes déplacées internes, les réfugiés, les communautés hôtes ainsi que les ménages pauvres dépendant principalement des marchés pour leur approvisionnement alimentaire figurent parmi les catégories les plus touchées.
L’analyse révèle également que 18 sous-préfectures enregistrent des taux particulièrement élevés d’insécurité alimentaire aiguë, avec au moins la moitié de leur population confrontée à une situation de crise ou pire.
Les sous-préfectures de Mingala, Zangba et Ouandja figurent parmi les zones les plus affectées, où plus de 55 % des habitants sont concernés.
L’ONU, à travers ses agences, attribue cette situation à plusieurs facteurs, notamment la hausse persistante des prix des denrées alimentaires, la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages, l’accès limité aux marchés et l’insuffisance des stocks alimentaires.
Ces difficultés sont aggravées par l’insécurité persistante, les déplacements de populations et les fragilités structurelles de l’économie nationale.
Les chocs climatiques, tels que les inondations, outre les maladies, continuent également de compromettre la production agricole et la disponibilité alimentaire.
Toutefois, l’IPC relève une amélioration modérée par rapport aux projections publiées en octobre 2025, lorsque 2,2 millions de personnes, soit 35 % de la population, étaient classées en phase 3 ou plus. Cette évolution représente une baisse d’environ 288.000 personnes exposées à une insécurité alimentaire aiguë.
Selon les Nations unies, cette amélioration s’explique notamment par de meilleures perspectives de production agricole, des opportunités accrues de travail et de subsistance, ainsi qu’un niveau d’assistance humanitaire supérieur aux prévisions initiales pour la période d’avril à août 2026.
Malgré cette tendance positive, les agences de l’ONU mettent en garde contre la persistance de nombreux facteurs de risque susceptibles d’aggraver la situation. Elles citent notamment la poursuite des conflits armés, les déplacements continus de population, la cherté des denrées alimentaires et du carburant, ainsi que la dégradation des infrastructures routières.
RI
