Le secrétaire général des Nations Unies a tiré hier à New York la sonnette d’alarme : les avancées obtenues pour les personnes handicapées au cours des vingt dernières années, grâce à la Convention qui leur est dédiée, risquent de s’essouffler dangereusement.
Par Karim-Akli Daoudi
C’est en inaugurant la 19e session de la Conférence des États parties à cette Convention, qui se tient au siège de l’ONU jusqu’à jeudi, qu’Antonio Guterres a rendu hommage aux progrès accomplis depuis l’adoption, en 2006, de ce texte fondateur. Il a rappelé que ce traité, aujourd’hui ratifié par 192 États et une organisation régionale, a profondément transformé la façon d’aborder le handicap, en substituant une logique de droits à une logique d’assistance.
Les résultats sont tangibles : plus de neuf pays sur dix sont dotés de législations protégeant les droits des personnes handicapées, près de quatre sur cinq prohibent les discriminations à l’embauche, et les trois quarts ont introduit des dispositifs favorisant leur inclusion scolaire et universitaire. Ces dispositions ont permis à des millions de personnes d’élargir leur accès à l’éducation, au travail et à l’autonomie.
Pour autant, M. Guterres a jugé ces résultats insuffisants au regard des obstacles qui subsistent. Les personnes handicapées continuent d’accuser un retard sur presque tous les indicateurs liés aux Objectifs de développement durable. Pire, les crises actuelles — conflits armés, dérèglements climatiques, inflation — les frappent de façon disproportionnée, les plaçant souvent en première ligne des pertes d’emploi et des ruptures d’accès aux services essentiels.
Trois grandes priorités structurent les travaux de cette conférence : mettre fin aux violences, consolider les systèmes de soins et de soutien, et garantir une participation pleine à la vie civique. Sur le front des violences, le responsable onusien a cité des statistiques alarmantes établissant qu’un enfant handicapé sur trois est victime de négligences ou de sévices. Il a exhorté les gouvernements à renforcer les dispositifs de signalement et à garantir un accès réel à la justice pour les victimes.
En matière de soins, il a plaidé pour un effort accru d’investissement : services de réadaptation, technologies d’assistance, logements accessibles, transports adaptés. Il a conclu sur une note d’espoir : le monde tout entier bénéficie lorsque chaque individu peut mettre ses compétences au service du bien commun et réaliser ses aspirations.
KAD
