L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté vendredi, à une écrasante majorité, une résolution soutenant la demande de la Palestine à un statut de membre à part entière de l’Organisation (ONU) lors d’une session extraordinaire d’urgence sur la situation à Ghaza, en proie, depuis sept mois, à une agression génocidaire de l’entité sioniste. Lors de cette session, l’Assemblée générale a exhorté le Conseil de sécurité à examiner “favorablement” la demande de la Palestine pour une adhésion à part entière.
Par ce texte, elle a décidé également, “à titre exceptionnel et sans que cela constitue un précédent”, d’adopter plusieurs modalités pour la participation de l’Etat de Palestine à ses sessions et travaux à compter de sa soixante-dix-neuvième session. Le projet de résolution présenté au nom du groupe des Etats arabes, a reçu 143 votes pour, 9 contre et 25 abstentions.Cette résolution fait suite au veto opposé par les Etats-Unis au Conseil de sécurité le 18 avril, qui a bloqué l’admission de la Palestine en tant qu’Etat membre à part entière de l’ONU. Ce projet de résolution, présenté par l’Algérie, avait recueilli douze voix pour, la Suisse et le Royaume-Uni s’abstenant. Depuis, l’Algérie poursuit ses efforts inlassables pour l’admission de l’Etat de la Palestine en tant que membre à part entière des Nations unies. “Nous reviendrons plus forts avec le soutien de l’Assemblée générale en faveur de l’adhésion à part entière de l’Etat palestinien à l’ONU”, avait promis le Représentant permanent de l’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, appelant “ceux qui n’ont pas pu soutenir l’admission de l’Etat de Palestine aujourd’hui à le faire la prochaine fois”, car, a-t-il dit, “ce n’était aujourd’hui qu’une autre étape dans le cheminement vers l’adhésion à part entière de la Palestine”.”Le soutien écrasant à l’admission de l’Etat de Palestine envoie un message on ne peut plus clair : l’Etat de Palestine a une place légitime parmi les membres des Nations unies”, a-t-il insisté. Il a rappelé, à cette occasion, les propos du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, qui a assuré que “les efforts de l’Algérie ne cesseront pas jusqu’à ce que l’Etat de Palestine devienne membre à part entière des Nations Unies”.
Changement dans le poids diplomatique
Le texte adopté par l’Assemblée générale, composée de 193 membres, recommande au Conseil de sécurité de “réexaminer favorablement la question de l’adhésion de la Palestine” conformément à l’article 4 de la Charte des Nations Unies concernant l’adhésion et l’avis consultatif émis par la Cour internationale de Justice (CIJ) en 1948. Le texte comprend également une annexe qui, à titre exceptionnel et sans créer de précédent, énumère les changements importants apportés au statut de l’Etat de Palestine lors des réunions et conférences de l’Assemblée générale, y compris son ordre dans la liste des orateurs et la disposition des sièges. Ces mesures n’ont pas seulement une importance symbolique mais signalent un changement dans le poids diplomatique de la Palestine au sein de l’ensemble du système des Nations Unies.Le texte note également qu’en tant qu’Etat observateur, la Palestine n’a pas le droit de voter à l’Assemblée générale, ni de présenter sa candidature aux organes de l’ONU tels que le Conseil de sécurité ou le Conseil économique et social.Après l’adoption de cette résolution par l’Assemblée générale, l’ensemble de la question du statut de la Palestine reviendra au Conseil de sécurité pour un examen plus approfondi, où tout effort visant à devenir membre à part entière risque d’être à nouveau bloqué par le membre permanent, les Etats-Unis. Avant le vote, le Président de l’Assemblée générale, Dennis Francis, a souligné depuis la tribune de la salle de l’Assemblée que la crise palestinienne était la première crise à laquelle était confrontée l’organisation mondiale lors de sa création. La paix est restée insaisissable depuis. “Aujourd’hui une situation intenable se détériore à une vitesse alarmante”, a-t-il déclaré aux délégués, exhortant la communauté internationale à “ne pas détourner les yeux de la situation désastreuse” à
Ghaza. Après avoir rappelé qu’il s’est exprimé des centaines de fois à la tribune de l’Assemblée générale, souvent dans des circonstances tragiques, mais jamais comparables à celles que vit son peuple aujourd’hui, l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour a souligné l’importance “historique” du vote d’aujourd’hui, alors que le peuple palestinien fait face à des tentatives visant à “l’effacer de la géographie et de l’histoire” par “le nettoyage ethnique, l’apartheid ou le génocide”. “Or, contre toute attente, le peuple palestinien a survécu et son drapeau flotte fièrement en Palestine et dans le monde entier”, s’est-t-il enorgueilli. “Alors que le peuple palestinien exige simplement que les dispositions de la Charte des Nations Unies et du droit international s’appliquent à lui, cette protection lui est jusqu’à présent refusée”, a déploré Riyad Mansour, affirmant que “notre droit à l’autodétermination, à un Etat indépendant, à l’adhésion à l’ONU ne peut être soumis au veto” de l’entité sioniste.”Un vote pour est un vote juste”, a-t-il insisté, promettant à ceux qui soutiendront cette résolution qu’ils seront fiers d’avoir “défendu la liberté, la justice et la paix, en ces heures sombres”.
RI (Aps)
