L’Algérie veut mettre l’expertise de sa diaspora au service de l’environnement. À Alger, le ministère de l’Environnement et le Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger ont acté la création d’un groupe de travail. Une démarche qui associe recherche, protection de la biodiversité et projets durables.
Par Chaimaa Sadou
La ministre de l’Environnement et de la Qualité de la vie, Mme Kaouter Krikou, et le coordinateur du Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, le professeur Elias Zerhouni, ont convenu, samedi à Alger, de mettre en place un groupe de travail spécialisé. Cette structure accompagnera les projets du secteur sur les plans technique et scientifique en mobilisant les compétences nationales établies à l’étranger. La rencontre, tenue au siège du ministère en présence du secrétaire général du Conseil, le professeur Mustapha Khayati, et de plusieurs membres, a permis d’examiner les mécanismes d’échange d’expertise. Les domaines ciblés sont l’économie circulaire, la biodiversité, la lutte contre la pollution et l’atténuation des effets des changements climatiques.
Parmi les dossiers présentés figure la valorisation de la saumure issue des stations de dessalement de l’eau de mer. Ce résidu concentré en sels représente un défi environnemental lorsqu’il est rejeté dans les écosystèmes marins. Sa valorisation pourrait ouvrir des perspectives économiques et écologiques, à condition de solutions techniquement viables. Plusieurs pays, dont l’Espagne et Singapour, explorent des recherches pour améliorer la performance environnementale des installations de dessalement.
La préservation du patrimoine naturel constitue un autre axe. Le projet de plateforme nationale destiné au recensement d’environ 27 000 espèces doit permettre de disposer d’une base de données de référence. Cet outil aidera à identifier les espèces menacées et à orienter les actions de préservation et de restauration des écosystèmes. La création du groupe de travail répond aux instructions du président Abdelmadjid Tebboune visant à associer les compétences nationales de l’étranger aux projets sectoriels.
Cette mobilisation ne doit pas faire oublier la santé des écoliers. Une alimentation équilibrée conditionne la concentration et l’assimilation des cours. À Oran, la couverture financière des repas chauds est passée de 48 % à 100 %, faisant passer le nombre de repas servis de 92 000 à 208 000. Un repas sain devient ainsi un levier d’égalité des chances et de réussite scolaire.
En associant expertise diasporique, protection des écosystèmes et nutrition scolaire, l’Algérie esquisse une approche transversale. Les annonces devront toutefois se traduire en résultats concrets, mesurables et durables pour les communautés. La crédibilité de cette dynamique dépendra de la transparence des travaux et de l’évaluation des projets engagés.
C.S