Le cycle de l’eau, essentiel à la vie et aux activités humaines, devient de plus en plus imprévisible. Selon un rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2025 figure parmi les plus sèches depuis 35 ans. Entre recul des glaciers, épuisement des nappes phréatiques et catastrophes climatiques, l’ONU alerte sur une crise hydrique mondiale aux conséquences majeures.
Par Chaïmaa Sadou
Selon un rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) publié en septembre 2026, 2025 figure parmi les trois années les plus sèches depuis 35 ans pour le débit des cours d’eau. Cette situation s’inscrit dans une tendance inquiétante : la baisse durable des réserves d’eau douce et le recul des glaciers, avec des conséquences majeures pour les populations et les économies. « Nous sommes en train de vider ces réserves », a alerté CelesteSaulo, secrétaire générale de l’OMM. Or, ces réservoirs naturels, comme les glaciers ou les nappes phréatiques, évoluent plus lentement et permettent d’atténuer les années de sécheresse.
Le cycle hydrologique oscille désormais entre sécheresses extrêmes et inondations dévastatrices. Les précipitations et les écoulements fluviaux réagissent rapidement aux conditions météorologiques, mais les réserves tampons, elles, s’amenuisent. Depuis 2014-2016, les réserves mondiales d’eau continentale suivent une tendance à la baisse, un signal d’alerte qui perdure.
Les chiffres sont édifiants. Pour la quatrième année consécutive, toutes les grandes régions glaciaires ont perdu de la masse. Entre 2023 et 2025, la perte a atteint 1 400 gigatonnes, soit l’équivalent de 560 millions de piscines olympiques ou d’un tiers des prélèvements annuels d’eau douce. Par ailleurs, près des deux tiers des puits surveillés dans le monde affichent des niveaux anormaux, signe d’une pression croissante sur les ressources.
Les catastrophes liées à l’eau se multiplient. Le phénomène El Niño, qui a continué de se renforcer en août, avait alors 75 % de chances de devenir le plus puissant jamais enregistré, selon la NOAA. Cela aggrave les risques de sécheresse dans certaines régions et d’inondations dans d’autres. L’Asie et l’Afrique, particulièrement exposées, ont subi à elles deux au moins la moitié des épisodes extrêmes liés à l’eau ces cinq dernières années, ainsi que plus de 80 % des décès associés.
« L’eau ne connaît pas de frontières », rappelle CelesteSaulo. Une catastrophe glaciaire dans un pays peut en effet avoir des répercussions dans un autre, comme l’a montré la récente tragédie qui a frappé la Chine et le Népal. L’OMM souligne donc l’urgence d’une coopération internationale renforcée pour partager données, normes et alertes précoces.
Cette crise hydrique mondiale exige une action urgente et coordonnée. Sans une gestion concertée des ressources en eau et une meilleure anticipation des phénomènes extrêmes, les pénuries et les catastrophes naturelles risquent de s’aggraver, mettant en péril des millions de vies et la stabilité économique de nombreuses régions.
C.S
