Au salon Automechanika 2026, Stellantis dévoile l’extension de son programme SUSTAINera aux batteries électriques dont l’ambition est de prolonger la vie de ces composants coûteux grâce à la remanufacture, et d’offrir une alternative crédible au remplacement systématique.
Par Yakout Abina
Acheter une voiture électrique d’occasion fait souvent peur à cause du prix très élevé d’une nouvelle batterie en cas de panne. Pour rassurer les acheteurs, le groupe Stellantis, propriétaire de (Peugeot, Citroën, Fiat, Jeep et bien d’autres), a annoncé au salon Automechanika 2026 l’extension de son programme de pièces remanufacturées SUSTAINera aux véhicules électriques et hybrides. La majorité de ses modèles électrifiés disposent désormais d’une alternative après-vente avec des batteries haute tension reconditionnées.
Avec cette initiative, le groupe déploie une stratégie industrielle d’envergure. Sa marque dédiée à l’économie circulaire, SUSTAINera, propose une offre globale centrée sur la remanufacture. Contrairement à une pièce d’occasion, une batterie reconditionnée est démontée, testée et remise en état selon les standards du constructeur, offrant les mêmes performances, la même fiabilité et la même garantie qu’un élément neuf. L’objectif est d’éviter de produire systématiquement du neuf lorsqu’un composant peut être prolongé et retrouver une seconde vie.
Cette démarche s’inscrit dans une stratégie globale qui touche aussi les compresseurs de climatisation ou les boîtes de vitesses automatiques des hybrides. Le groupe s’appuie notamment sur son réseau mondial de centres E-Repair, dédiés aux interventions sur les composants à haute tension, et déploie la stratégie dite des « 4R » : Remanufacture, Repair, Reuse et Recycle (remettre à neuf, réparer, réemployer, puis recycler). Selon les estimations du fabricant, cette approche permettrait d’économiser jusqu’à 80 % de matières premières et de réduire les émissions de CO₂ de près de 40 % par rapport à la fabrication d’éléments neufs.
Pour les automobilistes, c’est une excellente nouvelle, car, tout comme on peut changer une pièce sur une voiture thermique vieillissante, la voiture électrique commence à développer son propre écosystème de réparation. Une batterie en fin de vie ne voudra donc plus forcément dire qu’il faut jeter la voiture ou payer une facture impossible.
Toutefois, une zone d’ombre persiste : Stellantis n’a pas encore communiqué le positionnement tarifaire de ces batteries remanufacturées par rapport aux modèles neufs. C’est pourtant ce paramètre financier qui permettra de juger de l’attractivité réelle de l’offre pour les propriétaires. Quoi qu’il en soit, le mouvement est enclenché, et, à mesure que les flottes électriques prennent de l’âge, la réparabilité s’impose peu à peu comme un critère aussi déterminant que l’autonomie.
Y.A
