
La Corée du Sud prépare le déploiement de 300 robots autonomes destinés à surveiller les sites sensibles et l’espace public. Présentée comme un moyen d’alléger la charge des forces de l’ordre, cette initiative marque une nouvelle étape dans l’utilisation de l’intelligence artificielle pour la sécurité, tout en soulevant des interrogations sur l’efficacité de ces machines et leur place croissante dans les missions de surveillance.
Par Yakout Abina
La police sud-coréenne s’apprête à franchir une nouvelle étape dans l’automatisation de ses missions de sécurité. L’Agence nationale de police finalise actuellement son budget pour 2027, qui prévoit le déploiement d’au moins 300 robots autonomes dans les rues du pays. L’investissement, estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros, vise à confier aux machines une partie des tâches de surveillance aujourd’hui assurées par les forces de l’ordre.
Ces robots seront principalement déployés autour des sites sensibles, tes que lesbâtiments gouvernementaux, les ambassades, les infrastructures stratégiques ou encore les grands musées. L’objectif affiché n’est pas de remplacer complètement les policiers, mais de les décharger des missions de surveillance répétitives afin qu’ils puissent se consacrer à des tâches nécessitant davantage d’expertise humaine.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte particulier. Ces dernières années, le système judiciaire sud-coréen a connu une profonde réorganisation. À la suite de plusieurs scandales politiques, les prérogatives du bureau du procureur ont été revues, transférant à la police une part croissante des enquêtes criminelles. Les autorités cherchent donc à rediriger leurs effectifs vers les investigations tout en maintenant un haut niveau de surveillance du territoire.
Afin de développer ces nouveaux outils, la police a collaboré avec plusieurs entreprises technologiques du pays. Les prototypes actuellement à l’essai présentent une apparence relativement sobre, un véhicule compact aux couleurs de la police, monté sur quatre roues et équipé d’un gyrophare. Leur fonction n’est pas d’interpeller des suspects ou de gérer des situations dangereuses, mais de devenir des observateurs permanents de l’espace public.
À bord, les technologies embarquées sont nombreuses. Les machines disposent notamment d’un système lidar comparable à ceux utilisés dans les véhicules autonomes, leur permettant de se déplacer sans intervention humaine tout en évitant les obstacles. Elles embarquent également un réseau de caméras et de capteurs destinés à analyser en temps réel leur environnement.
Les informations collectées sont ensuite traitées par une plateforme d’intelligence artificielle capable d’identifier des comportements ou des événements jugés anormaux. Un départ d’incendie, une personne victime d’un malaise, une intrusion sur un site protégé ou un mouvement suspect peuvent ainsi être détectés automatiquement. Lorsqu’une anomalie est repérée, une alerte est immédiatement transmise aux services de police afin qu’une équipe intervienne sur place.
Les essais menés depuis l’été 2026 montrent toutefois que la technologie n’est pas encore totalement mature. Certains tests ont mis en évidence des défaillances inattendues. Lors d’une expérimentation, un robot n’a pas détecté un début d’incendie pourtant déclenché pour évaluer ses capacités. Un autre a terminé sa course dans un stand de marché après une erreur de navigation.
Malgré ces incidents, les ingénieurs demeurent confiants. Selon eux, les derniers ajustements techniques devraient permettre à ces robots de devenir prochainement des auxiliaires de surveillance capables d’assister les policiers dans les rues sud-coréennes.
Longtemps cantonnés à la science-fiction, les robots de surveillance pourraient ainsi devenir un élément familier du paysage urbain sud-coréen. Une perspective qui soulève déjà des questions sur l’efficacité réelle de ces dispositifs, mais aussi sur la place croissante accordée à l’intelligence artificielle dans les missions de sécurité publique.
Y.A
