Diagnostics pour maladies / gastriques De nouvelles pistes grâce à l’IA ?

Les avancées de l’intelligence artificielle dans le diagnostic des maladies digestives ont été au cœur d’un colloque scientifique organisé à Constantine. Chercheurs et spécialistes ont mis en avant le potentiel de ces technologies pour améliorer la détection précoce des pathologies et affiner l’analyse médicale, tout en rappelant qu’elles demeurent des outils d’assistance dont l’efficacité reste étroitement liée à l’expertise des praticiens.

 

Par Yakout Abina

L’intelligence artificielle et son apport au diagnostic des maladies de l’appareil digestif ont été au centre des débats lors de la troisième édition du colloque scientifique national de l’Association constantinoise de gastro-entérologie, d’hépatologie et d’endoscopie digestive, organisée jeudi dernier au complexe culturel Ahmed-Bey (Zénith) de Constantine.

Placée sous le thème « Lorsque la médecine rencontre l’intelligence artificielle », cette rencontre a réuni spécialistes, chercheurs et praticiens autour des perspectives offertes par les technologies numériques dans le domaine de la santé.

Le président de l’association organisatrice, le professeur AbderraoufBourghoud, a souligné que l’intégration de l’IA à l’endoscopie digestive permet d’identifier des détails d’une grande précision, renforçant ainsi les capacités de détection précoce des pathologies et améliorant la fiabilité des diagnostics.

Organisé en partenariat avec l’Université Abdelhamid-Mehri Constantine 2, l’événement s’inscrit dans une démarche de promotion de la formation médicale continue et d’intégration des technologies innovantes dans la pratique clinique.

Intervenant à cette occasion, le professeur Abdelkrim Bouramoul, enseignant-chercheur à la Faculté des technologies modernes de l’information et de la communication de l’Université Constantine 2 et responsable de l’équipe de recherche en intelligence artificielle et réalité virtuelle appliquées à la médecine, a indiqué que l’université met son expertise technologique au service du secteur de la santé afin d’accélérer l’adoption de ces nouveaux outils.

Il a notamment présenté deux projets développés entièrement par des compétences algériennes au sein des laboratoires de l’université, en collaboration avec l’association. Le premier porte sur une plateforme de simulation reposant sur la réalité virtuelle augmentée destinée à la formation des médecins résidents. Le second consiste en un système intelligent capable de détecter automatiquement certaines pathologies, d’en déterminer la nature et le stade d’évolution afin d’assister les praticiens dans leurs examens.

Selon le même responsable, ces deux solutions sont actuellement en phase d’essais cliniques au sein du service de gastro-entérologie du Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Constantine. Les premiers résultats obtenus sont jugés comme très encourageants et pourraient ouvrir la voie à une généralisation de cette expérience ainsi qu’à une amélioration significative de la précision diagnostique.

Placée sous le haut patronage de l’Association algérienne d’hépato-gastro-entérologie et d’endoscopie digestive, cette manifestation a été marquée par plusieurs conférences et ateliers pratiques animés par des experts algériens et égyptiens.

Les participants ont notamment abordé les avancées récentes en endoscopie digestive interventionnelle, le diagnostic précoce des tumeurs digestives ainsi que les applications de l’intelligence artificielle dans l’amélioration des performances diagnostiques. Des sessions interactives consacrées à l’étude de cas cliniques complexes ont également permis aux spécialistes d’échanger leurs expériences et d’enrichir les discussions au sein de comités pluridisciplinaires.

Bien que les perspectives offertes par l’intelligence artificielle suscitent un intérêt croissant dans le domaine médical, les spécialistes rappellent toutefois que ces technologies demeurent des outils d’aide à la décision. Leur efficacité dépend de la qualité des données analysées et de leur validation clinique. Le diagnostic final et les choix thérapeutiques continuent ainsi de relever de l’expertise du praticien, l’intelligence artificielle ayant vocation à accompagner le médecin plutôt qu’à se substituer à lui.

Y.A

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