À Ayetoro, dans le sud du Nigeria, l’océan avance chaque année et détruit peu à peu les maisons et les infrastructures. Cette situation existe également dans plusieurs régions du monde, où des habitants font face à la montée des eaux et à la disparition progressive de leurs terres.
Par Hamida Indja
À Ayetoro, une communauté de pêcheurs située dans le sud du Nigeria, la mer progresse lentement sur les terres. Le village compte environ 10 000 habitants, mais plusieurs familles ont déjà quitté leurs maisons à cause de l’érosion du littoral.
Fondée en 1947, Ayetoro est aujourd’hui l’un des exemples les plus connus de ce problème au Nigeria. Entre 1987 et 2022, le littoral du village a reculé en moyenne de 15 mètres par an. Des maisons ont été englouties, des activités économiques ont été détruites et le seul centre de santé de la localité a disparu. Certaines écoles ont dû être déplacées à plusieurs reprises.
Le problème ne touche pas seulement Ayetoro. Dix-neuf autres communautés du district d’Ilaje font face à la même situation. Selon les spécialistes, le changement climatique et la montée du niveau de la mer fragilisent davantage les côtes nigérianes, tandis que les activités humaines peuvent également aggraver l’érosion.
Cette situation existe dans plusieurs autres régions du monde. Aux États-Unis, le village de Shishmaref, en Alaska, est lui aussi touché par l’érosion du littoral et les inondations. Situé sur une île, il voit progressivement ses terres et ses bâtiments menacés de destruction. Les habitants ont même élaboré un projet visant à déplacer le village vers une zone plus stable.
En Louisiane, dans le sud des États-Unis, l’île de Jean Charles a également perdu une grande partie de son territoire. Environ 98 % de l’île a disparu sous l’eau, contraignant une grande partie de ses habitants à partir. La montée du niveau de la mer, l’érosion et d’autres transformations du territoire ont contribué à cette catastrophe.
Dans le Pacifique, plusieurs îles et petits pays sont également fortement touchés. Kiribati, Tuvalu et les îles Marshall sont souvent cités parmi les territoires les plus menacés par la montée du niveau de la mer. Ces territoires sont très bas et leurs habitants risquent de subir davantage d’inondations et de pertes de terres en raison de la hausse du niveau des océans.
Le Bangladesh fait également partie des régions les plus exposées. Sur ses côtes, la montée des eaux provoque notamment l’intrusion d’eau salée dans les terres, des inondations et une perte de terrains. Ces problèmes affectent directement les habitants ainsi que leurs activités agricoles.
Face à cette situation, plusieurs spécialistes demandent de renforcer la protection des côtes. Des solutions naturelles, comme les mangroves, peuvent contribuer à protéger les terres contre les vagues et l’érosion. Dans certains endroits, les autorités et les habitants doivent également envisager la construction d’ouvrages de protection ou le déplacement des populations vers des zones plus sûres.
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