La République centrafricaine a profité de la Journée mondiale contre l’hépatite pour tirer la sonnette d’alarme. Selon le ministère de la Santé, près de 12,82 % de la population est touchée par une hépatite virale. Ce chiffre rappelle que cette maladie demeure un défi majeur de santé publique, notamment en Afrique, où le dépistage et la prévention restent prioritaires.
Par Chaimaa Sadou
L’information a été communiquée par Larissa M’Bia Somsé, responsable du service de lutte contre les IST, le VIH et les hépatites. Selon elle, cette prévalence est préoccupante, car ces infections peuvent évoluer vers des maladies graves du foie, comme la cirrhose ou le cancer.
Les autorités sanitaires rappellent que des moyens efficaces existent. Des vaccins protègent contre l’hépatite B, tandis que l’hépatite C peut être guérie grâce à des traitements antiviraux performants. Malgré ces progrès, de nombreuses personnes ignorent qu’elles sont infectées ou n’ont pas accès aux soins en raison du manque d’information, de la stigmatisation ou des insuffisances des systèmes de santé.
Mais que sont exactement les hépatites virales ? Ce sont des maladies provoquées par différents virus qui s’attaquent au foie, un organe indispensable. Le foie intervient dans la digestion, élimine les substances toxiques et stocke les réserves énergétiques. Endommagé par une hépatite, il se dégrade lentement, parfois sans symptômes apparents.
C’est l’un des principaux dangers de ces infections. Dans de nombreux cas, les personnes infectées ne ressentent aucun signe pendant longtemps. Lorsque les symptômes apparaissent, ils se traduisent par une fatigue persistante, une perte d’appétit, des nausées, des douleurs abdominales, de la fièvre, des urines foncées ou un jaunissement de la peau et des yeux, appelé jaunisse. Sans dépistage ni traitement, certaines hépatites chroniques peuvent évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie.
La prévention et le dépistage au cœur de la lutte
Les différents virus ne se transmettent pas tous de la même manière. Les hépatites A et E sont liées à la consommation d’eau ou d’aliments contaminés, favorisée par de mauvaises conditions d’hygiène. Les hépatites B, C et D se propagent par le sang ou certains liquides biologiques, lors de rapports sexuels non protégés, par l’utilisation de matériel médical ou de seringues non stérilisés, ou par la transmission de la mère à l’enfant à la naissance.
Selon l’OMS, les hépatites B et C touchent plusieurs centaines de millions de personnes. L’Afrique subsaharienne et certaines régions d’Asie figurent parmi les zones les plus touchées, où le taux d’infection reste élevé en raison d’un accès limité à la vaccination, au dépistage et aux traitements. Aucun continent n’est épargné, ce qui fait de ces maladies un enjeu mondial. Les experts soulignent que la mondialisation, les migrations et les inégalités sanitaires favorisent la diffusion des virus, rendant la coopération internationale indispensable. Face à cette situation, les pays sont appelés à renforcer leurs systèmes de santé, à améliorer le dépistage et à faciliter l’accès aux traitements afin de freiner la propagation des hépatites.
La prévention demeure la meilleure arme. Elle repose sur la vaccination contre l’hépatite B, recommandée dès la naissance, ainsi que sur le respect des règles d’hygiène, l’accès à une eau potable, la sécurisation des transfusions et du matériel médical, l’utilisation de seringues stériles et la protection lors des rapports sexuels. Le dépistage régulier permet de détecter précocement les infections et d’éviter leur propagation. Les campagnes de sensibilisation menées par les ONG et les institutions locales jouent également un rôle crucial pour informer les populations les plus vulnérables. Dans plusieurs pays, des programmes communautaires ont montré qu’une meilleure information réduit la peur et encourage le dépistage volontaire, ce qui constitue une avancée significative.
Les spécialistes insistent sur l’importance d’une alimentation équilibrée pour préserver le foie et renforcer les défenses de l’organisme. Chez les écoliers, une alimentation saine, riche en fruits, légumes, céréales et protéines, favorise la croissance, la concentration et l’assimilation des cours. À l’inverse, une mauvaise alimentation peut fragiliser l’organisme et réduire les capacités d’apprentissage. Investir dans la nutrition scolaire, c’est investir dans la santé et l’avenir des générations.
L’OMS vise à éliminer les hépatites virales d’ici 2030. Cet objectif passe par un renforcement de la vaccination, un meilleur accès au dépistage, des traitements accessibles à tous et une sensibilisation accrue. Les chiffres centrafricains rappellent que la lutte contre les hépatites exige l’engagement des pouvoirs publics, des professionnels de santé et des citoyens.
Souvent silencieuses, les hépatites peuvent avoir des conséquences dramatiques si elles ne sont ni dépistées ni traitées. Pourtant, grâce à la vaccination, au dépistage précoce, à une hygiène de vie saine et à une information accessible, leur impact peut être considérablement réduit. La prévention reste la clé pour atteindre l’objectif fixé par l’OMS : faire disparaître les hépatites comme menace mondiale pour la santé publique.
C.S
