10e édition du Mois d’amnistie en Afrique / L’expertise algérienne a mis en évidence le lien étroit entre le trafic illicite d’armes et le terrorisme

 

 

Les participants à une table ronde organisée dans le cadre de la 10e édition du Mois d’amnistie en Afrique ont unanimement souligné, lundi à Alger, l’importance de l’expertise algérienne, qui a mis en évidence l’existence d’un lien étroit entre le trafic illicite d’armes légères et de petit calibre, le terrorisme et la criminalité transfrontalière organisée.

Au cours de cette table ronde de haut niveau organisée dans le cadre de cette édition, placée sous le thème “Promouvoir l’initiative +Faire taire les armes+ et renforcer la paix durable grâce au partage d’expériences en matière de contrôle des armes légères et de petit calibre (ALPC) et d’actions de déminage”, les intervenants ont évoqué l’expérience algérienne en matière de déminage et de lutte contre la prolifération illicite des armes légères et de petit calibre, notamment à travers le recours aux capacités nationales, le renforcement des cadres juridique et sécuritaire et la coopération régionale.

Dans ce cadre, le représentant du ministère de la Défense nationale (MDN), M. Ilyes Teroudi, a présenté l’expérience algérienne dans le domaine du déminage, rappelant que les opérations de déminage et de neutralisation des mines posées par l’occupation française ont débuté en 1963, immédiatement après l’indépendance.

Après avoir précisé que l’occupation française a laissé derrière elle 11 millions de mines, l’intervenant a expliqué que les opérations de déminage ont été confrontées à plusieurs défis, parmi lesquels l’absence de cartes précises des emplacements des mines, la nature du sol, les conditions climatiques, le déplacement des mines sous l’effet des facteurs naturels et l’extension des activités agricoles, soulignant que l’Armée nationale populaire (ANP) s’est appuyée, pour faire face à ces défis, sur son expérience, ses ressources humaines et ses propres moyens.

Il a indiqué que l’Algérie, qui a été parmi les premiers pays à ratifier la Convention d’Ottawa, a honoré ses engagements en matière de déminage, de destruction des stocks et de soutien aux victimes des mines antipersonnel.

De son côté, le directeur des Affaires politiques internationales au ministère des Affaires étrangères, Nazim Khaldi, a souligné que l’approche algérienne en matière d’élimination du trafic des armes légères et de petit calibre repose sur un dispositif juridique et institutionnel intégré, comprenant la prévention de la contrebande et du trafic illicite d’armes, le traçage des sources de financement de ces activités et le démantèlement des réseaux criminels qui y sont liés.

Il a précisé que l’Algérie veille à la pleine mise en œuvre du Programme d’action des Nations unies en vue de prévenir, de combattre et d’éliminer le commerce illicite des armes légères, tout en présentant régulièrement ses rapports nationaux aux Nations unies.

A cet égard, M. Khaldi a rappelé que l’Algérie a ratifié la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée et le Protocole relatif à la lutte contre la fabrication et le trafic illicites d’armes à feu, de leurs pièces, éléments et munitions.

Il a également évoqué le renforcement des capacités des services nationaux en matière d’identification balistique, de traçage des armes et d’échange d’informations, ainsi que le renforcement du contrôle aux frontières et l’intensification de la coordination entre les Douanes, la Police et la Gendarmerie nationale, afin d’identifier et de démanteler les réseaux de trafic d’armes et de munitions.

L’expérience algérienne, a-t-il dit, a mis en évidence le lien étroit entre le trafic illicite des armes légères et de petit calibre, le terrorisme et la criminalité transnationale organisée, mettant en exergue la contribution de l’Algérie aux mécanismes de coopération sécuritaire aux niveaux régional et africain.

De son côté, la directrice adjointe du Centre régional des Nations unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC), Mariame Camara, a estimé que les dynamiques sécuritaires en Afrique du Nord et au Sahel sont “interconnectées”, précisant que “la prolifération des armes légères et de petit calibre est liée au financement du terrorisme, à l’extrémisme violent, à la criminalité organisée ainsi qu’au trafic d’armes et de migrants”.

Elle a appelé à l’unification des efforts pour faire face à ces défis transfrontaliers, mettant en avant le rôle de l’ONU dans l’accompagnement et le renforcement des capacités des Etats africains, notamment à travers l’élaboration de plans d’action nationaux pour lutter contre la prolifération des armes légères et de petit calibre.

Pour sa part, le président de l’Association nationale de défense des victimes de mines antipersonnel, Mohamed Djouadi, a apporté un témoignage poignant sur son expérience personnelle en tant que victime de l’explosion tragique d’une mine coloniale en août 1959, qui lui a causé de graves séquelles et laissé des éclats dans son corps.

En marge des travaux de cet événement, une exposition de photos et d’archives est organisée sur les étapes du déminage et de la neutralisation des mines antipersonnel héritées de l’époque coloniale. Des équipements et dispositifs médicaux dédiés à la prise en charge des victimes des mines antipersonnel y sont également exposés.

 

RA

 

 

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