L’Entreprise Nationale de Communication, d’Édition et de Publicité (ANEP), en coordination avec le jury de la huitième édition du Grand Prix Assia Djebar du Roman, a rendu publique, hier mercredi, la liste longue des ouvrages retenus en compétition. Cette étape fondamentale marque le lancement officiel de la course vers l’un des prix littéraires les plus prestigieux du pays, créé afin d’honorer la mémoire et l’héritage de l’illustre romancière et académicienne algérienne Assia Djebar.
Par Rihab Taleb
Cette huitième édition confirme l’ampleur et la vitalité de la création romanesque en Algérie. Au total, ce sont cent cinquante-cinq romans issus de cinquante-trois maisons d’édition qui ont été soumis cette année à l’appréciation des jurés. La participation témoigne d’un véritable foisonnement culturel, avec soixante-dix-neuf titres présentés en langue arabe, soixante-trois titres en langue française et treize titres en langue amazighe.
À l’issue d’un important travail de lecture, d’analyse et de délibérations rigoureuses portant sur la valeur artistique, le style et la profondeur narrative, le comité d’évaluation a retenu vingt-six romans dans sa sélection officielle. La répartition reflète l’équilibre et la pluralité linguistique du paysage littéraire national, regroupant dix romans en langue arabe, dix romans en langue française et six romans en langue amazighe.
La lourde tâche d’évaluer ces œuvres d’exception est confiée à un jury prestigieux présidé par monsieur Hakim Miloudi, universitaire et poète reconnu. Pour traiter avec équité chaque domaine linguistique, trois commissions spécialisées ont été instituées. La commission dédiée à la langue arabe réunit monsieur Mustapha Madi, professeur en sociologie, monsieur Hamid Bouhabib, écrivain et poète, ainsi que monsieur Cherif Meribai, président de l’Académie Algérienne de la Langue Arabe. Pour la langue amazighe, les travaux sont menés par monsieur Ahcene Mariche, poète et écrivain, monsieur Kassila Alik, chercheur spécialisé en langue amazighe, et monsieur Idir Bellali, poète et traducteur. Enfin, la commission de la langue française rassemble trois figures féminines majeures des lettres et des médias, à savoir madame Maïssa Bey, écrivaine, madame Meriem Guemache, écrivaine et journaliste, et madame Leïla Hamoutene, également écrivaine.
Parmi les dix romans retenus en langue française, la sélection propose une grande variété. Les lecteurs retrouvent ainsi Un olivier au clair de lune de Bélaïd Abane, publié aux éditions La Pensée, Partout le même Ciel de Hajar Bali, paru aux éditions Barzakh, ainsi que Écris et je viendrai, signé Meryem Belkaïd aux éditions Casbah. Les éditions Dalimen accompagnent Manel Benchouk pour son ouvrage L’Héritage du silence, tandis que la maison Casbah présente également Marjane de Malika Chitour Daoudi, Ce que la mort m’a pris de toi de Hosni Kitouni, et Samovar (une conquête algérienne) écrit par Keltoum Staali. La sélection française est complétée par Aménorrhée de Sarah Haidar aux éditions Barzakh, La femme qui écoutait la montagne de Rachid Oulebsir chez Talsa édition, et enfin La Footballeuse de Nadjib Stambouli, publié aux éditions Nouba.
En langue arabe, la liste réunit également dix titres. On y retrouve le roman A’arach A-ddam de Hocine Allam, publié aux éditions Khayal, le titre Ar-Rissala Al-Wahida, … Wa Robbama Al-Akhira d’Amelia Fariha, édité par l’Entreprise Nationale des Arts Graphiques, ainsi que Al-Rafraf (Sirat Al-Jabal Al-Oustouriya) de Sarah Mohamed Maarich aux éditions Nimorisse. La maison d’édition Khayal s’illustre particulièrement en accompagnant aussi Leila Tebani pour Thinhinan: An-Naba’ Wa Al-Jabal Wa Al-Yaqout Al-Azraq, Moustafa Boughazzi pour Shajaratani Wa Qalb Wahid, As-Sira Allati Lam Tourwa…, et Souria pour Shaqqat Madam Madi. La compétition compte en outre l’ouvrage Ilmane (Al-Anqabout Alladhi Sara Zahra) d’Ahmed Dalil, édité par la maison Ad-Dawaya, le roman Dhilal Kouri Wa Ajnihat Al-Amal (Taghribat Ibn As-Sahra) de Mabrouk Belnaoui, publié chez Andaloussiyat, l’œuvre Youba Ath-Thani (Aarais Al-Qaysariya) de Fadhila Malhak aux éditions Al-Oumma, et enfin le livre Aam Arrahma de El-Kheir Chouar, publié aux éditions Barzakh.
La littérature d’expression amazighe occupe une place de choix dans cette sélection avec six romans retenus. Il s’agit des ouvrages Tasrit tɩs tesɛa de Sid Ali Cherifi, publié chez Talsa édition, IYḌi N Wureɣ de Dihia Hamitouche, paru aux éditions Imtidad, ainsi que D Asderferd de Chabha Ben Gana aux éditions Imtidad. La sélection est enrichie par TƔri n Tudert de Siham Harikenchikh chez Talsa édition, AGGUS signé Farida Sahoui aux éditions Talsa, et enfin l’œuvre Akud I Tudert, Tagnit I Tayri de Djamal Benauof, éditée par la maison Imtidad.
L’annonce de cette sélection longue constitue une étape importante mais intermédiaire. Les membres du jury poursuivent actuellement leur travail approfondi d’évaluation afin d’établir prochainement la liste courte des finalistes. Le dénouement de cette compétition littéraire majeure aura lieu le jeudi 8 octobre 2026, lors d’une grande cérémonie officielle au cours de laquelle seront proclamés les lauréats finaux recevant le Grand Prix Assia Djebar dans les trois catégories linguistiques.
R.T