Les agences des Nations unies alertent sur les risques de propagation du virus Ebola dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon elles, le transport des dépouilles entre différentes localités, afin de permettre aux victimes d’être enterrées dans leur région d’origine, représente un défi majeur dans la lutte contre l’épidémie.
Par Hamida Indja
Les agences des Nations unies ont averti que le transfert des dépouilles entre plusieurs localités de l’est de la République démocratique du Congo pourrait favoriser la propagation du virus Ebola. De nombreuses familles souhaitent enterrer leurs proches dans leur communauté d’origine, mais cette pratique constitue un risque pour la santé publique.
Selon les agences onusiennes, le transport des corps pour permettre aux victimes d’être inhumées dans leur région d’origine constitue aujourd’hui l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les autorités sanitaires.
Lors d’un point de presse organisé vendredi à Genève, l’Organisation mondiale de la santé a expliqué qu’il était difficile de trouver un équilibre entre le respect des traditions et les mesures de prévention contre Ebola. Le porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier, a indiqué que de nombreuses familles souhaitent récupérer le corps de leurs proches avant ou juste après leur décès afin de les ramener dans leur village et de leur offrir des funérailles dignes, une pratique normale dans d’autres circonstances.
Sur le terrain, les équipes de santé s’emploient avant tout à gagner la confiance des populations. Les autorités sanitaires cherchent à convaincre les familles qu’il est possible d’organiser des funérailles respectueuses tout en appliquant les règles de sécurité nécessaires pour éviter la propagation du virus. L’OMS estime que la coopération des communautés est aujourd’hui aussi importante que les mesures médicales pour arrêter l’épidémie.
De son côté, l’Organisation internationale pour les migrations a indiqué que plus de 60 % des décès surviennent au sein des communautés. Elle précise que certaines familles hésitent encore à signaler les cas suspects, à accepter la prise en charge des malades ou à remettre les dépouilles aux équipes chargées des enterrements sécurisés.
L’expert de l’OIM, Andrew Mbala, a averti que si les corps ne sont pas pris en charge correctement et si les communautés ne participent pas aux efforts de prévention, le virus continuera de se propager au sein de la population.
Cette alerte intervient alors que l’épidémie actuelle est devenue la troisième plus importante jamais enregistrée. Selon les agences onusiennes, elle progresse également plus rapidement que toutes les précédentes au cours de son premier mois.
Christian Lindmeier a rappelé qu’à titre de comparaison, l’épidémie d’Ebola qui avait touché la RDC entre 2018 et 2019 avait mis plus de dix mois avant d’atteindre les 2 000 cas confirmés.
L’OMS a fait part d’une autre source d’inquiétude. Plus de 80 % des nouvelles infections liées à la souche Bundibugyo sont détectées en dehors des listes de contacts déjà identifiés. Cela montre que plusieurs chaînes de transmission échappent encore à la surveillance des autorités sanitaires, ce qui complique davantage la lutte contre l’épidémie.
H.I
