Le ministère de la Solidarité nationale déploie un dispositif d’urgence et d’accompagnement psychologique intensif pour les pensionnaires traumatisés par l’incendie de Mohammadia. Face à cette tragédie, la priorité est de protéger l’avenirde ces jeunes.
Par Chaimaa Sadou
Le terrible incendie qui a ravagé l’établissement de l’enfance assistée de Mohammadia, faisant onze morts et dix-neuf blessés, a plongé la société algérienne dans une profonde affliction. Au-delà des pertes matérielles, une course contre la montre s’est engagée sous les directives de la ministre de la Solidarité, Soraya Mouloudji. L’objectif est clair : apporter un soutien complet et immédiat à tous les rescapés, en particulier aux enfants et adolescents qui ont vécu ce drame.
Face à cette tragédie, la prise en charge psychologique des jeunes s’impose comme le pilier de leur reconstruction. L’esprit des enfants reste vulnérable et l’horreur des flammes peut y laisser des traces profondes et durables. L’intervention rapide des psychologues est vitale pour que le choc émotionnel soit extériorisé et ne s’installe pas. Car sans écoute spécialisée, le traumatisme risque de devenir une blessure permanente, un traumatisme à vie compromettant leur développement affectif, cognitif et social. Les spécialistes adaptent leurs méthodes à chaque tranche d’âge : sept jeunes filles au Village SOS de Draria, cinq adultes à besoins spécifiques à Aïn Taya, et onze enfants hospitalisés à Zéralda et Mustapha-Bacha.
Cette stratégie de résilience rappelle l’importance de la santé mentale infantile et de la prise en charge psychologique précoce afin de prévenir les troubles durables chez les enfants confrontés à un événement traumatique.
Parallèlement, une attention particulière est portée à la nutrition des enfants en convalescence. Une alimentation équilibrée et riche en vitamines est indispensable pour aider leur cerveau à surmonter le stress et favoriser leur retour à une vie scolaire normale. Les experts s’accordent à dire qu’une bonne nutrition permet aux élèves de retrouver leurs capacités cognitives et d’assimiler les cours lors de leur réintégration. L’esprit et le corps, dans cette épreuve, forment un tout indissociable.
Dans plusieurs pays, des programmes scolaires associent systématiquement repas équilibrés et suivi psychologique, preuve que la santé mentale et physique des enfants doit être pensée ensemble pour garantir leur réussite.
Ce drame met en lumière le sacrifice héroïque de l’éducatrice Malika Bouleghraïs, décédée dans l’exercice de ses fonctions, dont la famille bénéficie d’un soutien dédié. La solidarité nationale, appuyée par le dévouement de la Protection civile et des corps médicaux, prouve que l’accompagnement des plus vulnérables reste une responsabilité majeure.
La reconstruction de ces jeunes vies repose sur une alliance indissociable : le soin psychologique immédiat et une hygiène de vie rigoureuse. Seule une approche globale permettra à l’Algérie de transformer cette tragédie en un message d’espoir, en faisant de la résilience de ses enfants le socle d’un avenir meilleur.
C.S
