Durant les périodes d’instabilité et de conflit, les enfants constituent la catégorie la plus vulnérable, leurs vies et leur avenir étant gravement menacés. Cette fois, nous parlons plus particulièrement des enfants du Soudan, où les derniers chiffres du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) montrent que plus de 23 enfants ont été tués et 25 autres blessés dans le Nord-Kordofan, à l’ouest du pays. Ces drames résultent de l’intensification des combats autour de la ville d’El-Obeid au cours des deux derniers mois.
Par Ikram Haou
Selon un communiqué de l’UNICEF, au moins quatre enfants ont récemment été tués dans la région de Barbour, au sud d’El-Obeid, portant à au moins huit le nombre d’enfants tués ou blessés au cours du mois en cours. L’organisation a également souligné que plus de 330 enfants ont été tués ou blessés durant les six premiers mois de l’année.
Il convient de noter que les trois États de la région du Kordofan (Nord, Ouest et Sud) sont devenus le théâtre de violents affrontements entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR) depuis le 25 octobre dernier. Cette situation a provoqué le déplacement massif des populations et la destruction des infrastructures civiles, mettant gravement en danger la vie, la sécurité et l’avenir des enfants.
Ce que l’on peut dire, c’est que le conflit armé opposant l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide, qui a débuté en avril 2023, a plongé le pays dans une profonde crise humanitaire. Il a déjà fait des dizaines de milliers de morts et provoqué le déplacement d’environ 13 millions de personnes.
Meurtres et les mutilations
Selon les données et statistiques officielles publiées par les Nations unies (ONU), les meurtres et les mutilations demeurent les violations les plus fréquentes commises contre les enfants. En 2025, 6.266 enfants ont été tués et 7.958 autres mutilés. Le rapport fait état d’une hausse alarmante de 34 % des décès et de 10 % des mutilations par rapport à l’année précédente. Les niveaux de violations les plus élevés ont été enregistrés dans le Territoire palestinien occupé, où l’UNICEF indique que plus de 16.000 enfants palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le début du conflit, en octobre 2023. Les plus jeunes représentent plus d’un tiers des victimes civiles et vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Viennent ensuite la République démocratique du Congo avec 4.114 enfants tués, le Nigeria avec 2.560, le Myanmar avec 2.203 et la Somalie avec 2.195, a souligné l’ONU, qui indique également que l’année 2025 a battu un triste record par le nombre d’enfants touchés.
Par ailleurs, environ 4,9 millions d’enfants de moins de cinq ans sont décédés dans le monde, dont 2,3 millions de nouveau-nés, principalement de causes évitables telles que la malnutrition, les infections et les complications néonatales. En outre, 2,1 millions d’enfants, d’adolescents et de jeunes âgés de 5 à 24 ans sont décédés en 2024, selon les estimations conjointes de l’UNICEF et de l’OMS. Les enfants vivant dans des contextes fragiles ou touchés par les conflits présentent près de trois fois plus de risques de mourir avant leur cinquième anniversaire que ceux vivant ailleurs. L’Afrique subsaharienne représentait 58 % de l’ensemble des décès d’enfants de moins de cinq ans en 2024, tandis que l’Asie du Sud en représentait 25 % supplémentaires.
Il faut également rappeler que, depuis 2023, le conflit au Soudan a provoqué le déplacement forcé d’environ 13 millions de personnes, constituant la plus grave crise de déplacement au monde.
Il convient de souligner que les guerres et les conflits ne tuent pas seulement les enfants de manière directe, mais également de façon indirecte. En détruisant systématiquement l’écosystème indispensable à leur survie, ils anéantissent les infrastructures de santé à travers les bombardements visant les hôpitaux, les cliniques et les entrepôts de médicaments. Cette situation interrompt les campagnes de vaccination et favorise la réapparition de maladies mortelles telles que la rougeole et la poliomyélite. À cela s’ajoutent l’effondrement des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement, qui entraîne la propagation de maladies diarrhéiques comme le choléra. Les conflits perturbent également l’agriculture et les routes commerciales, aggravant la malnutrition aiguë, qui affaiblit le système immunitaire des nourrissons et les rend incapables de survivre à des infections pourtant bénignes. À ces facteurs s’ajoute enfin le déplacement forcé des populations, déjà évoqué, qui expose davantage les enfants à la faim, aux maladies et à l’absence de soins.
En conclusion, on peut affirmer que des dizaines de milliers d’enfants sont tués ou blessés chaque année dans le monde en raison des conflits armés, des crises humanitaires et des violences. Au Soudan en particulier, comme le rappelle l’UNICEF, les enfants sont les premières victimes d’un conflit qui dure depuis plus de trois ans. L’organisation appelle toutes les parties à protéger les civils, notamment les enfants, et à respecter leurs obligations au regard du droit international humanitaire. Toutes les précautions doivent être prises pour épargner aux enfants les effets des hostilités et préserver les infrastructures ainsi que les services essentiels dont ils dépendent, notamment les écoles, les établissements de santé et les réseaux d’approvisionnement en eau.
I.H
