Le trou dans la couche d’ozone / Et si c’était un canular planétaire ?

 

 

À l’occasion de la Journée mondiale de l’ozone, célébrée le 16 septembre 2026, la communauté internationale salue les succès du Protocole de Montréal. Mais un ouvrage publié en 1992, « Ozone, un trou pour rien », avait contesté l’explication alors dominante. Retour sur un débat où environnement, intérêts industriels et gros business se croisent.

 

Par Chaimaa Sadou

 

Chaque 16 septembre, la Journée mondiale de l’ozone rappelle l’importance de cette couche protectrice qui filtre les rayons ultraviolets du Soleil. En 2026, l’événement met en avant dix ans d’action internationale pour un refroidissement durable. Seulement voilà, un livre, très documenté, écrit par deux journalistes, Rogelio Maduro et Ralf Schauerhammer, avait contesté la thèse dominante selon laquelle il y aurait un trou dans la couche d’ozone et qui ne cesse de s’élargir sous l’effet de l’activité polluante de l’homme.

 

L’ozone est un gaz composé de trois atomes d’oxygène. Présent dans la stratosphère, il forme une barrière invisible qui absorbe une grande partie des rayons ultraviolets nocifs. Sans elle, les risques de cancers de la peau, de cataractes et de perturbations de la photosynthèse végétale seraient multipliés.

 

Le terme « trou d’ozone » désigne, selon les deux auteurs,  une diminution saisonnière de la concentration d’ozone, observée surtout au-dessus de l’Antarctique. Il ne s’agit pas d’un trou au sens physique, mais d’une zone où la quantité d’ozone devient exceptionnellement faible au début du printemps austral. Des « scientifiques » ont établi un lien direct entre ce phénomène et les chlorofluorocarbures (CFC), gaz utilisés dans la réfrigération et les aérosols. Depuis la réduction mondiale des CFC, la NASA a observé une diminution du chlore actif capable de détruire l’ozone dans la stratosphère antarctique.

 

Face à ce constat, la communauté internationale a réagi. Le Protocole de Montréal, signé en 1987 et entré en vigueur en 1989, a organisé l’élimination progressive des substances nocives pour l’ozone. Ratifié par tous les pays, il est considéré comme l’une des plus grandes réussites de la coopération environnementale. Selon l’Organisation météorologique mondiale, près de 99 % des substances réglementées ont été éliminées. Les projections indiquent que la couche d’ozone pourrait retrouver ses niveaux de 1980 vers 2040 dans la plupart des régions, 2045 au-dessus de l’Arctique et 2066 au-dessus de l’Antarctique.

 

Dans « Ozone, un trou pour rien », publié en 1992 et préfacé par Haroun Tazieff, les auteurs contestaient l’idée que les CFC soient responsables du phénomène. Selon eux, le trou existait bien avant l’utilisation industrielle des CFC et variait naturellement selon les saisons. Ils évoquaient aussi le rôle des émissions volcaniques riches en chlore. Les auteurs soupçonnaient des intérêts industriels derrière l’interdiction des CFC : selon eux, Du Pont, Allied Signal, Atochem et Showa Denko (des sociétés pétrochimiques) auraient inventé un nouveau système de réfrigération. Pour l’imposer elles ont lancé une gigantesque compagne de dénigrement pour mettre hors jeu celui qui était utilise auparavant en l’accusant d’avoir troué l’ozone. Bizarrement, ce trou se trouvait dans l’Antarctiques. Là où il n’y avait aucune activité industrielle. Haroun Tazieff qui avait cautionné scientifiquement  le livre avait conclu dans sa postface : « L’ozone stratosphérique n’est nullement menacé de disparaître. »

 

Ces thèses reflètent une controverse réelle des années 1990. Mais les connaissances accumulées depuis ont confirmé le rôle prédominant des CFC synthétiques dans l’appauvrissement de l’ozone. Le consensus scientifique actuel repose, semble-t-il, sur des observations solides et répétées.

 

De l’ozone au refroidissement durable

 

En 2026, la Journée mondiale de l’ozone met l’accent sur l’« Action mondiale pour une planète plus fraîche », à l’occasion des dix ans de l’Amendement de Kigali. Adopté en 2016, cet amendement vise à réduire progressivement les hydrofluorocarbones (HFC), puissants gaz à effet de serre utilisés dans les systèmes de refroidissement modernes. Leur réduction pourrait éviter jusqu’à 0,5 °C de réchauffement supplémentaire d’ici la fin du siècle.

 

Cette transition vers des équipements plus économes en énergie illustre l’évolution des politiques internationales. Elle montre aussi que la protection de l’ozone et la lutte contre le réchauffement climatique sont désormais liées dans une même stratégie globale.

 

C.S

 

 

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