L’Algérie prend part au 25e sommet mondial de l’énergie à Riyad, à haute portée politique, représentée par le ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le ministre de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Mohamed Adjal.
Par Malika Azeb
Cette rencontre se tient dans un contexte marqué par de fortes tensions géopolitiques dans la région, notamment en Arabie saoudite. M. Khaled Boukhlifa, expert et ancien directeur général au ministère de l’Énergie et des Mines, s’exprimant sur les ondes de la Radio algérienne, a souligné que deux réunions se tiennent actuellement : il s’agit de l’IEF17 (International Energy Forum) et du Congrès mondial du gaz et du pétrole. La première se tient tous les deux ans et la deuxième tous les quatre ans.
Les deux événements se tiennent conjointement du 11 au 15 octobre, sous le thème « Des voies vers un avenir énergétique pour tous », dans le cadre d’une stratégie de transition vers un système énergétique à faibles émissions de carbone, tout en assurant la sécurité et l’équité dans ce domaine.
« Contrairement à la précédente édition de l’IEF, l’édition 2026 s’articule autour des solutions à trouver face aux différentes crises que traverse le monde et qui se répercutent sur le secteur de l’énergie, notamment la guerre en Ukraine et les tensions entre l’Iran et les États-Unis, en particulier celles liées au passage par le détroit d’Ormuz, qui ont engendré une hausse des prix de l’énergie, principalement en Europe », a déclaré Khaled Boukhlifa.
Dans son intervention lors du congrès, le ministre des Hydrocarbures, M. Arkab, a insisté sur le renforcement de la résilience des marchés et sur la sécurité des approvisionnements dans le contexte mondial actuel. Dans ce sens, l’intervenant a souligné l’« importance d’un consensus entre les producteurs et les consommateurs permettant de mettre en place les moyens garantissant de meilleures perspectives pour le marché pétrolier ».
Concernant le rôle que l’OPEP peut jouer dans la stabilisation et le rééquilibrage du marché pétrolier, M. Khaled Boukhlifa a assuré que, jusqu’en 2016, l’OPEP s’occupait de la régulation des prix du pétrole et de la stabilité du marché, de la mise en place du système de quotas afin de contrôler l’offre mondiale, ainsi que de la stabilisation de l’économie mondiale. Avec la création de l’OPEP+, qui réunit, en plus des pays déjà membres, la Russie, et compte tenu de son influence sur le marché pétrolier, le système des quotas est désormais soumis à l’offre et à la demande.
À la question de la réorientation du marché pétrolier algérien vers le fret lourd et le transport aérien, cet expert a déclaré que « ce moyen revient plus cher au Trésor, donc l’utilisation des bateaux pour le pétrole et des méthaniers pour le GNL reste un moyen plus sûr ».
L’Algérie déploie des efforts considérables pour développer ses ressources en hydrocarbures et ses infrastructures afin d’attirer des investissements internationaux, notamment à travers l’appel d’offres « Bid Round 2026 ». « Dans la conjoncture mondiale actuelle, le pays se positionne plutôt bien, vu le nombre de contrats d’investissement qui ont été signés récemment ou qui sont en cours de l’être », a indiqué M. Boukhlifa.
Sept périmètres d’investissement ont été mis à la disposition des partenaires économiques, en prévision de la signature des contrats avant mars 2027, comme l’a stipulé le ministre des Hydrocarbures, M. Mohamed Arkab. L’intervenant a souligné qu’« ENAFT a déjà signé sept blocs d’exploration, en a mis sept autres en adjudication et a numérisé le processus, ce qui permettra d’attirer des partenaires pour investir en Algérie ».
Lors du NAPEC, les discussions ont notamment porté sur l’obligation de transfert des technologies et du savoir-faire, ainsi que sur les partenariats de longue durée proposés aux investisseurs intéressés par le marché algérien. Dans ce contexte, cet expert a assuré que les investissements dans le secteur des hydrocarbures reposaient toujours sur le partage des bénéfices entre le groupe Sonatrach et ses partenaires. À l’avenir, la donne devra changer en ce qui concerne les énergies dites propres, telles que l’hydrogène vert. Il faudrait contraindre les partenaires à transférer les technologies et à construire les équipements localement au lieu de les importer.
Il a ajouté que des études étaient en cours pour évaluer la faisabilité de ce projet. En ce qui concerne l’hydrogène destiné à l’industrie, notamment à la sidérurgie, le problème ne se pose pas. En revanche, pour l’exportation, les experts étudient la possibilité d’utiliser les gazoducs actuels. Selon les études préliminaires présentées par l’ambassadeur de l’Union européenne, il serait possible d’utiliser 65 % des gazoducs après leur transformation, laquelle nécessiterait un budget de 4 milliards de dollars, à moyen terme et non dans l’immédiat.
Dans le volet lié à la transition énergétique radicale, M. Boukhlifa a souligné que le renoncement aux énergies fossiles n’était pas pour l’immédiat, comme l’a démontré l’endommagement, durant la guerre entre la Russie et l’Ukraine, du gazoduc Nord Stream, qui transportait pas moins de 55 milliards de mètres cubes de gaz vers l’Europe. Cette dernière s’est retrouvée face à une crise énergétique que les énergies renouvelables, telles que les éoliennes, n’ont pas permis de résoudre.
Il a ajouté qu’au niveau du NAPEC, « on se rend compte que toutes les énergies peuvent contribuer au développement durable à long terme, avec la protection de l’environnement comme priorité. C’est ce qu’on appelle la transition énergétique combinée aux énergies fossiles ».
M.A
