Le Forum de la mémoire, rendez-vous habituel du journal El Moudjahid, s’est tenu hier pour aborder le détournement de l’avion des cinq chefs de la Révolution, le 22 octobre 1956, en présence de responsables et de chercheurs en histoire, dont Aissakasmi, le Moudjahid Mouhammad Tahir Abd-Salam, représentant de la Gendarmerie nationale, et le Moudjahid AbdelKrim Abada, ainsi que d’autres responsables. La conférence de presse était animée par le Dr Ahmed Adimi, qui a présenté des témoignages directs détaillant l’interception de l’avion transportant les dirigeants algériens et son atterrissage en Algérie, alors qu’il devait se diriger vers la Tunisie.
Par Ikram Haou
Le Dr Ahmed Adimi a déclaré que ce sujet n’a été abordé ni correctement, ni scientifiquement, ni sous forme de mémoires, et que les Français évitent de parler du détournement de cet avion. Dès le départ, a-t-il expliqué, les cinq chefs de la Révolution — Mohamed Boudiaf, Ahmed Benbella, Hocine Aït Ahmed, Mustapha Lacheraf et Mohamed Khider — doutaient de la validité de la réunion de Rabat. Malgré cela, ils sont allés au Maroc et ont été reçus par Mohammed V, un accueil qui n’a pas plu à la France. Lors de leur rencontre avec Mohammed V, ils ont convenu que les chefs algériens voyageraient avec lui à bord de son avion vers la Tunisie. Mais Hassan II persuada sa mère de se joindre à Mohammed V en Tunisie, et c’est là que le complot a commencé, a raconté le Dr Adimi.
Les chefs algériens furent ensuite informés qu’ils ne voyageraient pas à bord de l’avion de Mohammed V, mais d’un autre appareil : bien que marocain, celui-ci était piloté par un Français et immatriculé à Paris. Survint alors l’acte d’agression flagrant : l’avion fut dérouté vers l’Algérie au lieu de la Tunisie et atterrit sans préavis, en violation de toutes les lois internationales. Les chefs de la Révolution furent arrêtés, leurs cravates arrachées et ils furent menottés. Les autorités coloniales françaises ont célébré cette arrestation comme une victoire, et, le lendemain, l’arrestation des chefs révolutionnaires a été officiellement annoncée, a ajouté le Dr Adimi. Il a précisé, dans le même contexte, que le comportement des chefs de la Révolution fut celui d’hommes courageux qui n’ont cédé à aucune forme de pression psychologique et ont fait preuve de courage face à cette arrestation.
Malgré la tromperie, cet événement n’eut aucun effet sur l’intensification et l’expansion de la révolution ; au contraire, il en renforça la force et la cohésion grâce au peuple algérien qui la menait. Aissa kasmi est intervenu pour affirmer que, dans l’histoire de la confrontation entre le peuple algérien et le colonialisme français, les complots visant à arrêter la révolution et à détruire l’Algérie avaient échoué. Il a également rapporté la déclaration de l’un des cinq chefs présents à bord de l’avion : « Nous n’avons jamais été les chefs de la révolution ; nous ne sommes que des représentants à l’étranger. » Le 24 octobre 1956, un article fut diffusé, proclamant : « Les représentants sont suspendus, mais la révolution continue ; la révolution est menée par le peuple. »
La parole a ensuite été donnée à plusieurs autres responsables, qui ont confirmé que la trahison du makhzen marocain n’est pas récente, mais une caractéristique profondément enracinée, non seulement avec l’Algérie, mais aussi avec tous les pays arabes.
I.H
