Forêts / La régénération naturelle privilégiée dans les espaces touchés par les feux dans une première phase

 

 

Les espaces forestiers touchés par les incendies durant l’été seront d’abord laissés à la régénération naturelle, avant toute opération de repeuplement, a indiqué le directeur de la protection de la faune et de la flore à la Direction générale des forêts (DGF), Esaïd Si Ali, qui a relevé que les premières pluies enregistrées dans ces régions ont déjà permis d’observer une reprise végétative importante.

“Il faut laisser le temps à la nature pour se reconstituer”, a expliqué à l’APS M. Si Ali, précisant que l’intervention de l’administration forestière se fera au niveau des zones où la régénération est faible ou absente, par des opérations de repeuplement, relevant le dispositif de prévention et de lutte mis en place à travers le renforcement des moyens humains et l’acquisition de nouveau équipements ainsi que de nouvelles technologies pour la détection et l’intervention précoce.

Dans l’Est du pays, notamment à Jijel, Guelma, Skikda, El Tarf et Béjaïa, les incendies ont affecté des forêts de Chêne-liège, de l’Eucalyptus et Frêne avec des cortèges floristiques très variés “Ces espèces disposent d’une capacité de régénération par rejet de souche et par drageonnage”, a-t-il expliqué.

La DGF prévoit d’accompagner cette régénération, notamment à travers des opérations de coupes sanitaires, plutôt que de procéder systématiquement à des plantations, a indiqué M. Si Ali.

En revanche, dans l’Ouest du pays, notamment à Saïda, Tlemcen et Sidi Bel Abbès, “les incendies ont davantage touché des peuplements de pin d’Alep, dont la régénération s’effectue principalement par graines”.

“Là où la régénération manque, la DGF interviendra par des opérations de repeuplement”, a-t-il fait savoir, soulignant que le reboisement ne constitue donc pas une réponse automatique après chaque incendie.

Revenant sur les incendies enregistrés cet été, M. Si Ali a relevé que “les conditions météorologiques exceptionnelles ont rendu certaines interventions particulièrement difficiles”.

La pluviométrie exceptionnellement importante enregistrée durant le printemps 2026 a, de son côté, favorisé le développement de la végétation,

une situation bénéfique pour l’agriculture et l’élevage mais qui a également entraîné, après le dessèchement de cette végétation à l’approche de l’été, une augmentation de la matière combustible dans les espaces forestiers qui a favoriser l’extension des feux.

“Nous devons tirer les enseignements de cette situation et nous adapter aux changements climatiques “, a souligné le responsable, mettant en avant l’adaptation du dispositif de prévention et de lutte aux changements climatiques, notamment à travers le renforcement des moyens humains et l’acquisition de nouveaux équipements ainsi que de nouvelles technologies pour améliorer la détection, le suivi et l’intervention précoce.

 

 

Un nouvel encadrement des constructions dans les forêts

 

 

La restauration des espaces touchés concerne également la faune, a indiqué M. Si Ali soulignant le rôle des Centres cynégétiques et les réserves de chasse dans le suivi de ces populations, en coordination avec les chasseurs et les associations.

Dans certaines zones, des points d’eau et de ressources alimentaires adaptés sont aménagés, alors que des opérations d’élevage et de lâcher sont également réalisées dans certaines wilayas dans le cadre d’actions de repeuplement.

“L’objectif est de contribuer au maintien des conditions nécessaires au retour et au développement des populations animales dans les milieux naturels”, a-t-il assuré.

D’autre part, le responsable a relevé l’importance de l’adaptation du cadre juridique relatif aux constructions dans les forêts et à leur périphérie, afin de mieux protéger les populations et leurs biens et de limiter l’exposition aux incendies.

Il a rappelé dans ce cadre, l’installation récente d’une commission intersectorielle chargée d’élaborer une loi “relative à la construction et à l’habitat dans les zones forestières”, laquelle devrait contribuer à protéger les populations et à réduire les risques de propagation des incendies de forêt.

La campagne de prévention et de lutte contre les feux de forêts a été avancée cette année au mois de mai 2026, au lieu de juin, et prolongée jusqu’à novembre, contre octobre auparavant, tandis que le dispositif demeure opérationnel jusqu’au 30 novembre malgré les premières précipitations enregistrées en septembre.

 

RS

 

 

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