Le léopard d’Afrique est l’un des animaux prédateurs les plus fascinants et résilients du continent. Il se distingue de ses cousins par une capacité d’adaptation hors du commun.
Par Malika Azeb
Le nombre de léopards le plus élevé se concentre en Afrique australe et en Afrique de l’Est, en raison de la présence de grands parcs nationaux préservés et de l’importante disponibilité de proies, mais vu que l’animal vit en solitaire et possède un caractère furtif, il est donc impossible d’obtenir un recensement exact.
Les données fournies par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) et le recensement de la faune sauvage désignent plusieurs pays où la population de ce félin est la plus importante, comme c’est le cas pour la Tanzanie, qui possède entre 5 000 et 10 000 individus, concentrés notamment au niveau du parc national du Serengeti.
Quant à la Namibie, le nombre de léopards est estimé entre 5 000 et 14 000 en raison de la présence de vastes savanes privées et de concessions communautaires gérées durablement.
En dépit d’une forte fragmentation territoriale à l’échelle du pays, l’Afrique du Sud possède une population de léopards assez importante, concentrée au niveau du parc national Kruger et de la réserve de Sabi.
Le léopard est également présent dans d’autres pays tels que le Botswana, la Zambie, le Kenya, le Zimbabwe et la République démocratique du Congo.
Parmi les pays africains où le léopard est considéré comme possiblement disparu figurent le Lesotho, la Gambie, le Mali, l’Égypte, le Maroc, l’Algérie et la Tunisie, mais avec la subsistance de quelques individus repérés par des pièges photographiques, comme c’est le cas pour le léopard des montagnes de l’Ahaggar, au sud de l’Algérie.
En Afrique du Sud, le félin a disparu de 67 % de son territoire d’origine et ses populations sont extrêmement fragmentées. Cependant, sur la côte ouest du pays, les défenseurs de la nature se réjouissent de la réapparition du léopard après plus de 170 ans d’absence, mais certains éleveurs redoutent le retour de ce grand félin.
Au sommet de la chaîne alimentaire, des prédateurs arpentent de nouveau la région de la côte ouest de l’Afrique du Sud. Le léopard, presque disparu il y a 170 ans, fait son retour et, parmi la population, figurent deux petits.
La chasse au léopard, qui a commencé avec la colonisation européenne au XVIIe siècle, qui donnait la priorité absolue à une agriculture intensive et à l’élevage de bétail, donc le léopard était perçu comme un animal nuisible, ce qui a marqué le début de l’extermination de ce félin.
Aujourd’hui, les léopards réapparus dans la région de la côte ouest viendraient probablement de la zone montagneuse du Cederberg, au nord.
Ce retour s’explique par la diminution du nombre d’éleveurs, l’évolution du territoire, la multiplication des domaines écologiques et des réserves naturelles qui ont rendu la région plus attrayante pour ces animaux.
Pour le Dr Jeannine Mc Manus, directrice par intérim du Landmark Rewilding Trust, ce retour est exceptionnel. « La plupart du temps, nous entendons des histoires très décevantes concernant la disparition d’une nouvelle espèce, des animaux tués et de moins en moins d’espace pour eux », explique-t-elle, ajoutant que « le fait que nous observions le contraire sur la Côte-Ouest est donc un événement vraiment exceptionnel ».
Le groupe, qui compte sept léopards, dont les deux petits, ne constitue toutefois pas encore une population viable. Au niveau mondial, le statut de conservation de l’espèce est vulnérable. Son installation dans la région est donc une bonne nouvelle pour la biodiversité.
Cependant, le retour de cette espèce ne fait pas le bonheur de tout le monde. La famille de Julian Melck exploite la ferme de Kersefontein, près de Hopefield, depuis 1770. Éleveur, il doit déjà composer avec le caracal, un prédateur plus petit, lui aussi membre de la famille des félins, qui s’attaque à ses moutons.
Cet éleveur explique que « le mouton est l’un de mes animaux préférés. Le voir attaqué et dévoré par n’importe quel prédateur est pour moi une source de détresse, sans parler des pertes économiques, c’est également une source de stress personnel pour moi », donc, non, je ne veux pas davantage de prédateurs dans la ferme que ce que nous avons déjà avec le caracal. »
Pour cohabiter avec le léopard et atténuer le risque de prédation du bétail, le Landmark Rewilding Trust et une autre ONG travaillant avec les éleveurs envisagent la mise en place d’un dispositif d’indemnisation en cas d’attaque.
MA
