Les engagements climatiques des États restent très éloignés des efforts nécessaires pour freiner le réchauffement de la planète. À l’approche de la COP31, prévue à Antalya, en Turquie, les Nations unies alertent sur l’écart entre les promesses annoncées et les réductions d’émissions attendues. La transition énergétique et la coopération internationale demeurent essentielles pour limiter les risques climatiques.
Par Chaïmaa Sadou
Dans son rapport de synthèse sur les engagements nationaux, ONU Climat estime que les nouvelles feuilles de route présentées par 154 pays, représentant près de 70 % des émissions mondiales, ne permettraient de réduire celles-ci que de 6 % d’ici à 2035 par rapport à leur niveau de 2019. Même en intégrant les objectifs conditionnels, qui dépendent notamment d’un soutien financier ou technique, la baisse atteindrait seulement 9 %. Ces projections restent très insuffisantes au regard des objectifs de l’accord de Paris.
Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les émissions mondiales de gaz à effet de serre doivent diminuer de 43 % d’ici à 2030 et de 60 % à l’horizon 2035, par rapport à 2019, pour suivre une trajectoire compatible avec la limitation du réchauffement à 1,5 °C. L’écart entre ces niveaux et les engagements actuels souligne l’urgence d’accélérer l’action climatique.
« Les progrès collectifs restent clairement insuffisants », a reconnu Simon Stiell, responsable d’ONU Climat, pour qui la COP31 d’Antalya « peut contribuer à combler certaines des principales lacunes ». Cette conférence, prévue dans moins de deux semaines, doit donc mettre l’accent sur des mesures concrètes de mise en œuvre.
La combustion du charbon, du pétrole et du gaz demeure l’une des principales sources d’émissions. Pour réduire leur impact, les pays doivent développer les énergies renouvelables, améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments et des industries, et favoriser des transports moins polluants. Le solaire et l’éolien progressent dans plusieurs régions du monde, mais leur développement doit s’accompagner d’une baisse durable de l’utilisation des combustibles fossiles. La protection des forêts et la réduction des émissions de méthane sont également indispensables.
Les trajectoires nationales restent contrastées. L’Union européenne poursuit ses politiques de réduction des émissions et de développement des énergies propres. La Chine, premier émetteur mondial, investit massivement dans le solaire et l’éolien, tout en restant fortement dépendante du charbon. Aux États-Unis, le retrait de l’accord de Paris fragilise la dynamique collective et rappelle combien les choix des grandes puissances pèsent sur l’effort mondial. Ces différences reflètent des réalités économiques et énergétiques distinctes, mais ne diminuent pas la nécessité d’agir.
Pour les pays en développement, la transition dépend aussi de financements accessibles, du transfert de technologies et d’un accompagnement technique. Sans ces moyens, les objectifs annoncés risquent de rester difficiles à concrétiser, alors que de nombreuses populations sont déjà exposées aux sécheresses, aux inondations et aux vagues de chaleur.
Au-delà des déclarations, l’enjeu est désormais de transformer les engagements en mesures vérifiables. Réduire les émissions, préserver les écosystèmes et accélérer le déploiement des énergies propres exigent des politiques cohérentes et des efforts partagés. Chaque retard réduit les possibilités de contenir le réchauffement et alourdit les conséquences environnementales, sanitaires et économiques pour les générations actuelles et futures.
C.S
