Le directeur central à la Direction générale du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce intérieur, Kamel Boukheddache, a annoncé, lors de son intervention dans l’émission « L’Invité du jour », diffusée par la Chaîne III de la Radio nationale, qu’un projet de loi était en cours d’élaboration au niveau du ministère, à la suite des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à mettre fin à la spéculation sur le marché.
Par Malika Azeb
En effet, ce projet vise à plafonner les marges bénéficiaires des différents intervenants dans le processus de commercialisation de certains produits de large consommation, à l’instar des fruits et légumes.
Afin de réguler le marché national et de mettre fin à la hausse des prix des produits alimentaires et agricoles, la ministre du Commerce et de la Régulation du marché national, Amel Abdelatif, ainsi que le Premier ministre, Sifi Ghrieb, ont multiplié, ces derniers jours, les rencontres avec les différents secteurs concernés.
Reconnaissant cette flambée des prix, ce responsable a expliqué que plusieurs facteurs intervenaient dans cette hausse, à savoir la spéculation sur les produits de large consommation, en premier lieu ; le prix de revient des produits fabriqués localement, pour lesquels le producteur importe généralement la matière première, impactant ainsi le prix ; la situation géopolitique instable au niveau mondial ; et la multiplication des intervenants dans le processus de distribution des produits, notamment dans la filière des fruits et légumes.
Le ministère du Commerce œuvre actuellement, en coordination avec les différents secteurs, tels que le ministère de l’Agriculture et les professionnels de la filière, à la mise en place de mécanismes visant à mettre fin à cette hausse des prix, comme le plafonnement du prix de certains produits, tels que la pomme de terre, ainsi que l’élaboration d’un projet de loi visant à plafonner les marges bénéficiaires des différents intervenants dans le processus de commercialisation de certains produits de large consommation. Ce texte permettra la stabilité des prix, a affirmé M. Boukheddache.
Le ministère a également réquisitionné plus de 80 % de ses effectifs. Ainsi, 7 000 agents interviennent régulièrement, y compris les week-ends, sur le terrain pour contrôler les produits et les prix, avec la collaboration des services de sécurité, notamment dans les marchés de gros, où les agents interviennent généralement tôt le matin, a-t-il souligné. Il a précisé que, pour le mois sacré du Ramadan prochain, la tutelle avait pris des mesures proactives pour la régulation du marché, en matière d’approvisionnement et de commercialisation des produits de large consommation durant ce mois.
Concernant la filière des viandes et leur disponibilité durant le mois sacré, l’intervenant a assuré qu’un « décret exécutif n° 24-133 daté de 2024, portant sur le plafonnement des marges bénéficiaires liées à l’importation de viande rouge, est en cours de révision à la suite des préoccupations des importateurs de ce produit concernant justement ces marges », précisant que les quotas d’importation de viande rouge avaient été revus à la hausse pour permettre la disponibilité de ce produit à des prix abordables.
M. Boukheddache a rappelé que les commerçants devaient non seulement afficher le prix de la viande, mais également préciser son origine.
Le Premier ministre a passé en revue les mesures prises aux niveaux local et central en matière de régulation du marché lors de sa rencontre avec les professionnels des filières agricoles et les organisations commerciales et de la chaîne d’approvisionnement. Il a notamment été question de revoir le rôle du wali et des collectivités locales concernant la régulation des marchés. L’intervenant a souligné que des cellules de veille centrales étaient en contact avec les cellules de veille locales, chargées du suivi de l’approvisionnement et de la disponibilité des produits alimentaires et agricoles.
Le ministère du Commerce intérieur a officiellement lancé, dimanche dernier, une plateforme numérique, « Tawassol », dédiée aux consommateurs pour signaler les différentes pratiques commerciales frauduleuses.
Concernant le bilan des interventions effectuées durant cette année, M. Boukheddache a indiqué que leur nombre avait augmenté de 19 % par rapport à la même période de l’année 2025, qui avait enregistré 2 330 000 interventions, tandis qu’en 2026, les services de contrôle avaient recensé 2 477 000 interventions durant les neuf premiers mois, ce qui dénote un renforcement des contrôles.
Ces mesures dissuasives ont permis la diminution du nombre d’infractions commerciales, a également affirmé le représentant du ministère du Commerce, précisant que, durant l’année précédente, 40 PV (procès-verbaux) avaient été dressés à l’encontre des spéculateurs, contre 17 pour l’année en cours.
MA
