Une campagne de sensibilisation consacrée au dépistage précoce du cancer du sein, a eu lieu à la Maison de presse Tahar Djaout en collaboration avec le journal en ligne esseha.dz, sous le patronage du ministère de la Santé et du ministère de la Communication.
Par Ikram Haou
Le ministre, présent hier à l’événement, a insisté sur la portée de cette initiative ainsi que sur la mobilisation du secteur des médias afin d’appuyer des actions de sensibilisation dans le domaine de la santé publique. Il a également adressé ses félicitations aux médecins qui ont participé à cette campagne.
Des spécialistes en médecine ont pris part à ces journées de sensibilisation afin d’assurer la bonne conduite des examens réalisés. Le professeur Noureddine Ben Zidan, chirurgien à l’hôpital Bachir Mentouri de Kouba, a rappelé que le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent chez les femmes. Il a précisé qu’en Algérie, on recense actuellement plus de 17 000 nouveaux cas chaque année, ce qui témoigne de l’ampleur de la maladie.
À cette occasion, il a souligné que le diagnostic précoce constitue le meilleur moyen de faire face à cette pathologie. Il a expliqué qu’il est possible de repérer les premiers signes avant-coureurs, notamment grâce à un examen clinique ou à une mammographie. Il a aussi indiqué que, même lorsque la maladie est déjà présente sous la forme d’une petite masse ne dépassant pas 1 cm, un diagnostic établi tôt permet d’obtenir des résultats nettement plus positifs et d’améliorer sensiblement la prise en charge. Il a ajouté que plus le diagnostic est posé précocement, plus les chances de réussite thérapeutique sont élevées, tout en rappelant que, tous types confondus, les cancers figurent parmi les maladies rarement guérissables. C’est pourquoi la prévention et donc par un dépistage précoce est vivement conseillé. Il recommande aux femmes de consulter dès l’âge de 40 ans, au moins une fois tous les deux ans. Il a également relevé que, dans le pays, la plupart des cas commencent autour de cet âge et que, dans certains cas, un traitement conservateur peut aussi être envisagé à titre préventif. Enfin, il a précisé que seulement 1 % des cas concernent les hommes.
De son côté, Mme Samira Faidi, directrice des sessions scientifiques du journal Santé, a expliqué que cette démarche est initiée par le directeur de la Maison de presse, M. Boujemaa Doudou, en partenariat avec le journal en ligne Santé. Elle a précisé qu’il s’agit de la troisième édition, organisée à la même période que le lancement d’Octobre Rose, afin de mettre en avant l’importance du diagnostic et de proposer aux femmes un espace temporaire leur permettant de réaliser un dépistage.
Pour cette action, Mme Faidi a indiqué qu’une équipe de médecins qualifiés était présente, afin de prendre en charge les examens et d’informer les femmes sur la nécessité du dépistage. Elle a aussi rapporté les propos du Dr Amina Abdelwahab : plus le diagnostic est effectué tôt, plus les possibilités de guérison augmentent, et plus la maladie a la possibilité d’évoluer vers une forme chronique, mieux prise en charge et traitable.
Elle a remercié l’ensemble des médecins ayant pris part à la campagne, pour avoir fait de telles initiatives une priorité et pour leur engagement à réaliser des diagnostics pour toutes les femmes journalistes présentes. Elle a noté que, durant les trois jours, la participation des femmes a été très importante, en particulier celles qui ont effectué les examens. Elle a salué la prise de conscience relative à l’intérêt de ce dépistage et a relevé que les cas confirmés continueront leur prise en charge et bénéficieront des meilleurs soins possibles. Elle a enfin exprimé le souhait que ce type d’actions s’étende à l’ensemble du territoire national.
Le docteur Zawi Nour El Houda a exposé les signes susceptibles d’orienter vers un cancer du sein. Elle a précisé qu’une femme doit masser ses seins et ses aisselles. En cas de détection d’une grosseur ou d’une boule, elle doit consulter un médecin qui prescrira les examens requis. Elle a également évoqué d’autres manifestations pouvant être observées, comme un écoulement de liquide au niveau du sein, ainsi que tout changement au niveau de la peau : sa couleur, son épaisseur, ou encore la position du mamelon (rétracté ou saillant). Elle a insisté sur l’existence de situations où aucun signe n’apparaît : c’est précisément pour cela que le dépistage précoce est considéré comme la meilleure option pour les femmes âgées de plus de quarante ans, afin d’éviter tout risque imprévu.
Elle a précisé que les femmes de moins de quarante ans ne sont généralement pas concernées par ce type de programme de dépistage précoce, sauf en présence de manifestations évidentes de la maladie ou d’antécédents familiaux (par exemple, si la mère, les tantes ou les sœurs ont été diagnostiquées à un âge jeune), ce qui peut traduire une prédisposition d’ordre génétique. Dans ces situations, a-t-elle expliqué, le dépistage annuel est remplacé par un suivi spécialisé.
Enfin, en relevant que des médecins provenant de plusieurs hôpitaux ont participé à cette initiative de sensibilisation, lancée le lundi 28 septembre et poursuivie jusqu’au 30 septembre, hier, elle a cité notamment le docteur AMINA ABDELOUAHAB, médecin sénologue, Pr. Hamida Guendouz, chef d’unité de chirurgie mammaire à l’EPH Djillali Rahmouni, Pr. Keltoum Messahli, chef du service de médecine légale au CHU de Blida, Pr. Nadjia Chibane, chef du service de radiologie à l’hôpital de Kouba, Pr. Lounas Benghanem, chef du service de gynécologie obstétrique au CHU Mustapha, Pr. Nourredine Benzidane, chef du service de chirurgie générale à l’hôpital de Kouba, Pr. Fatma Seghier, chef du service d’oncologie médicale à l’hôpital de Sidi Ghiles.
I.H
