Salon International du Chocolat et de la Gourmandise (Chocorium 2026) / Un Savoir-faire chocolatier

 

 

  Le chocolat algérien ne se résume plus aux marques importées. La deuxième édition de Chocorium, organisée du 23 au 26 septembre au Palais des Expositions d’Alger (SAFEX), met en lumière des fabricants et artisans qui cherchent à faire évoluer l’offre locale. Entre exigence technique, coût des matières premières et nouvelles habitudes de consommation, la filière algérienne tente de trouver sa place.

 

Par Chaimaa Sadou

 

Le chocolat change de visage en Algérie. Dans les allées de Chocorium, salon consacré au chocolat, à la gourmandise et aux métiers qui l’accompagnent, fabricants, artisans et marques locales présentent leurs produits et leurs savoir-faire. L’événement, organisé au Pavillon Casbah de la SAFEX, réunit professionnels et grand public autour des créations chocolatées, des confiseries et des nouveautés du secteur. Une agréable odeur de cacao flottait dans les allées, attirant une foule nombreuse et curieuse.

 

Derrière les tablettes exposées se trouve un métier qui demande précision et patience. « Il faut de la patience », explique un professionnel interrogé durant le salon. Le travail du chocolat dépend de la maîtrise de la température. Cette exigence intervient dans différentes étapes de fabrication, notamment pour obtenir une texture et une tenue régulières.

 

La matière première constitue un autre enjeu. Les professionnels rencontrés expliquent que les approvisionnements peuvent concerner le cacao sous différentes formes, tandis que certaines matières grasses arrivent déjà travaillées ou semi-travaillées avant d’être intégrées au processus. Le fabricant ne part donc pas toujours de la même matière première selon les produits.

 

Cette question prend une dimension particulière lorsque l’on s’intéresse à l’origine du cacao. Une grande partie du cacao commercialisé dans le monde provient de pays producteurs africains. À titre d’exemple, l’Union européenne indique que 81 % de ses importations de produits à base de cacao provenaient d’Afrique subsaharienne en 2024 (source : Commission européenne). La Côte d’Ivoire et le Ghana figurent notamment parmi les grands fournisseurs du marché européen.

 

Cela n’empêche pas les produits chocolatés fabriqués en Europe d’occuper une place importante sur les marchés étrangers, y compris en Algérie. La raison tient aux différentes étapes de transformation du cacao, à la formulation des produits, au savoir-faire industriel et aux circuits commerciaux. L’origine africaine de la fève ne signifie donc pas que le produit fini doit nécessairement être fabriqué en Afrique.

 

Sur le marché algérien, les habitudes de consommation semblent évoluer. Selon les témoignages recueillis, les Algériens consomment du chocolat, mais découvrent progressivement une offre plus diversifiée et des produits qui mettent davantage en avant la qualité du cacao et le savoir-faire du chocolatier. Le prix reste néanmoins un élément important dans le choix du consommateur. Lors des échanges sur place, le prix d’une tablette courante se situait autour de 250 à 300 dinars. Un prix jugé élevé par une partie du public.

 

Cette évolution s’accompagne d’une progression des marques algériennes. Kaoua Food, fondée en 2011, s’est développée dans l’agroalimentaire avec la pâte à tartiner Optilla et a lancé en 2024 sa gamme MOON consacrée au chocolat et à la biscuiterie. L’entreprise présente la qualité, l’innovation et l’accessibilité comme les axes de son développement.

 

D’autres acteurs occupent le terrain. À Batna, Chocolatti, produit de la SARL Confichoc, se consacre à la fabrication de chocolat, de biscuits et de confiseries. Sa gamme comprend des tablettes, des pépites et des produits destinés à la pâtisserie. « Nous avons des capacités pour le faire », assure un fabricant, confiant dans l’avenir du produit algérien.

 

Le développement de ces entreprises nourrit une question plus large : l’Algérie peut-elle réduire sa dépendance aux marques étrangères dans le domaine du chocolat ? Les professionnels rencontrés à Chocorium se montrent confiants dans les capacités nationales. Certains évoquent la présence de produits algériens à l’étranger, notamment en Amérique du Nord, dans les pays du Golfe, en Europe et en Afrique. Ces déclarations relèvent toutefois des témoignages recueillis et doivent être distinguées des données commerciales vérifiées.

 

Une filière en construction

 

Le chocolat algérien entre dans une nouvelle phase. La montée en puissance des fabricants locaux, l’élargissement de l’offre et la curiosité croissante des consommateurs façonnent un marché où la qualité et la maîtrise technique deviennent des atouts décisifs. Chocorium révèle qu’au-delà de la gourmandise, le chocolat s’affirme désormais comme une filière industrielle et artisanale appelée à devenir une véritable fierté nationale.

 

C.S

 

 

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