Ghaza meurtrie / Conséquences sociales de l’agression sioniste sur les familles palestiniennes

 

 

Selon un nouveau rapport de l’agence onusienne ONU Femmes, publié mardi dernier, plus de 86 290 foyers sont aujourd’hui dirigés par des femmes à Ghaza, soit un foyer sur quatre.

 

Par Malika Azeb

 

Le chiffre est deux fois plus élevé qu’avant l’agression sioniste génocidaire. ONU Femmes a alerté que six femmes et filles continuent d’être tuées chaque semaine depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025.

Les nombreux assassinats des hommes, leur disparition, leur détention ou le fait que leur sort demeure inconnu sont les raisons derrière ce chiffre élevé de familles dirigées par des femmes, qui sont confrontées à la difficulté de nourrir leur famille, d’obtenir un abri, d’accéder à l’aide humanitaire et de protéger leurs enfants.

Le directeur régional d’ONU Femmes pour les États arabes, Moez Doraid, a, dans ce contexte, souligné que « La douleur et la souffrance vont au-delà de la perte d’un mari, d’un père ou d’un être cher ».

La persistance des frappes aériennes et les opérations terrestres sionistes viennent aggraver les inégalités préexistantes, dont les faibles revenus, la restriction d’accès à la propriété, aux documents officiels, aux services et aux lieux de décision.

La responsable de l’action humanitaire d’ONU Femmes, Sofia Calltorp, a décrit la situation d’« immense souffrance collective ».

« L’accès à la nourriture, à l’eau potable, aux produits d’hygiène et aux services essentiels est très limité », a-t-elle déclaré.

« Les femmes chefs de famille sont chaque jour contraintes de prendre des décisions impossibles : comment répartir des ressources limitées, comment accéder à l’aide et, tout simplement, comment assurer la survie de ceux dont elles ont la charge », a encore souligné cette responsable.

Les chiffres montrent que ces familles sont particulièrement exposées. Près de sept foyers sur dix dirigés par une femme ne disposent pas d’un logement adéquat, contre un peu plus de la moitié de ceux dirigés par un homme. Les trois quarts ont vu leur habitation endommagée ou détruite depuis octobre 2023. Ils ont été déplacés huit fois en moyenne, contre sept pour les ménages ayant un homme à leur tête.

La précarité est aussi financière, sachant que deux tiers des foyers dirigés par des femmes déclarent avoir besoin d’une aide financière immédiate pour survivre, et près d’une femme chef de famille sur cinq dit craindre pour sa sécurité ou sa protection, contre une sur douze parmi celles vivant dans un foyer dirigé par un homme.

La publication de ces données intervient alors que les pertes humaines se poursuivent dans l’enclave palestinienne malgré le cessez-le-feu.

Selon l’ONU, 1 300 Palestiniens, dont 246 femmes et filles, ont été tués dans des frappes depuis son entrée en vigueur, il y a près d’un an.

Ce chiffre comprend 137 femmes et 109 filles, ce qui équivaut à six femmes et filles tuées chaque semaine entre octobre 2025 et le 28 juillet 2026, précise ONU Femmes.

L’agence ONU Femmes, qui travaille avec des organisations dirigées par les femmes et avec des associations de défense de leurs droits sur le terrain, réclame la mise en œuvre intégrale du cessez-le-feu, le respect du droit international, la protection des femmes et des filles et la poursuite des responsables de violations.

Pour ONU Femmes, l’enjeu dépasse toutefois l’urgence humanitaire. Il s’agit de faire en sorte que ces femmes devenues, de fait, responsables de leur foyer ne disparaissent pas des dispositifs d’aide et, à terme, de la reconstruction.

M. Doraid a indiqué que « Reconnaître et répondre aux réalités auxquelles sont confrontés tous les foyers dirigés par des femmes est essentiel pour garantir que celles-ci soient prises en compte, comptabilisées, autonomisées et soutenues. »

 

M.A

 

 

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